Les banques renouent avec les profits records

FINANCES La crise financière est bel et bien terminée...

Elsa Meyer

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Retrait d'argent à un distributeur de billets.
Retrait d'argent à un distributeur de billets. — JOBARD/SIPA

Le bal des résultats bancaires a commencé. BNP Paribas et Société Générale ont annoncé des profits en forte hausse. Et elles devraient être suivies par BPCE et Crédit Agricole dans les jours qui viennent.

Crise terminée

La crise financière est donc bel et bien terminée. BNP Paribas lui avait déjà tourné le dos l’année dernière: la première banque française avait quasiment doublé son bénéfice.  Pour cause de nombreux actifs toxiques, Société Générale avait en revanche divisé le sien par trois.

>> Pourquoi BNP Paribas a fait mieux que Société Générale en 2009, lire l’analyse de 20minutes.fr

Mais tout cela est du passé. En 2010, Société Générale a presque sextuplé ses profits à 3,9 milliards d’euros. Ceux de BNP Paribas ont de leur côté augmenté de plus de 30%, à 7,8 milliards d’euros.

Baisse du coût du risque

De bons résultats qui sont surtout liés à une baisse du coût du risque pour les banques. Avec la reprise économique, elles ont eu beaucoup moins de provisions à passer l’année dernière pour affronter une conjoncture difficile.

BNP Paribas a aussi bénéficié de l’intégration de la banque belge Fortis rachetée en 2009. Société Générale a pour sa part tiré profit de sa croissance sur le marché en Russie, pour la première fois bénéficiaire.

«Bon cru»

De manière générale, 2010 est un «bon cru» pour les banques hexagonales, selon un rapport publié lundi par l'agence de notation Standard & Poor's (S&P).  Cette tendance devrait se poursuivre cette année avec une croissance à deux chiffres.

Les analystes de S&P estiment que l'industrie bancaire française est robuste et a bien absorbé les effets de la crise.

Ombres au tableau

Mais les ombres au tableau ne manquent pas.  S&P pointe ainsi du doigt les conséquences de la crise budgétaire grecque sur Crédit Agricole. Via sa filiale Emporiki, l’établissement est très exposé.

Autre sujet d’inquiétude: la mise en place en 2013 de la réglementation financière dit Bâle III. Les pays du G20 ont approuvé une hausse du capital minimum que les banques doivent détenir pour développer leurs activités. Dans son rapport, S&P juge le niveau actuel des banques françaises insuffisant, parmi les plus bas d’Europe.