Le Brésil préfère l'avion F18 de Boeing au Rafale de Dassault

COMMERCE C'est un nouveau coup dur pour l'avion de chasse français, qui ne parvient pas à s'exporter…

Thibaut Schepman
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Après une parenthèse de 18 mois, Nicolas V., pilote de Super Etendard, a ressenti "une légère appréhension" en posant de nouveau son chasseur sur la piste étroite du Charles de Gaulle.
Après une parenthèse de 18 mois, Nicolas V., pilote de Super Etendard, a ressenti "une légère appréhension" en posant de nouveau son chasseur sur la piste étroite du Charles de Gaulle. — Joël Saget AFP

Encore un revers pour le Rafale. La présidente du Brésil Dilma Rousseff juge que le F-18 de Boeing est le meilleur des trois appareils finalistes pour l'appel d'offres portant sur la livraison d'avions de chasse à l'armée de l'air brésilienne, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

La question a été abordée lundi lors d'une rencontre entre la dirigeante brésilienne et Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, ont dit les sources à Reuters. Et la présidente aurait alors assuré que l'avion américain a ses faveurs, devant le Rafale du français Dassault et le Gripen du suédois Saab.

Lula préférait le Rafale

C’est une grave déconvenue pour Rafale, qui souffre à l’export. Luiz Inacio Lula da Silva, prédécesseur de Dilma Rousseff, a quitté la présidence du pays le 1er janvier sans avoir mis un point final au dossier, lui laissant la responsabilité du choix définitif. Mais il avait à plusieurs reprises fait part de sa préférence pour le Rafale, en dépit des réticences de l'armée de l'air brésilienne. Ce soutien ne sera sûrement d’aucune utilité à l’avionneur français.

La nouvelle présidente brésilienne a en effet décidé de revoir le dossier depuis le début. Et les propos de Dilma Rousseff laissent entendre que sa préférence va à l'américain, même si la présidente brésilienne entend faire pression sur les groupes en lice pour qu'ils améliorent leur offre. Selon les sources de Reuters, Dilma Rousseff souhaite notamment que le choix de l'avionneur s'accompagne d'un transfert de technologies militaires sensibles vers le Brésil.

Relations diplomatiques

Des considérations diplomatiques pourraient aussi entrer en jeu, Dilma Rousseff semblant pencher vers une amélioration des relations avec Washington, qui s'étaient détériorées dans les dernières années de la présidence Lula. Joint par Reuters, un porte-parole de la présidence a refusé de commenter ces informations.