une faillite n'hypothèque pas forcément l'avenir

Gilles Wallon

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Philippe Rodriguez a connu l'échec avant de lancer Mixcommerce.
Philippe Rodriguez a connu l'échec avant de lancer Mixcommerce. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Ils sont venus, ils ont vu, ils ont perdu. Alors ils ont créé une nouvelle entreprise. L'échec pourrait bien être une valeur montante dans le secteur des nouvelles technologies.
Mardi dernier, au siège de Microsoft, dans la banlieue parisienne, 600 inscrits se sont pressés à la première « Fail Conference » organisée en France. La « Fail Conference », c'est un forum sur l'échec, une quasi-institution aux Etats-Unis, où créateurs de start-up et investisseurs Web racontent ensemble, avec franchise, pourquoi un bon projet peut échouer. Et pourquoi ce n'est pas forcément dramatique.
Prenez Philippe Rodriguez. Très doué pour l'informatique, cet entrepreneur-né a vendu son premier logiciel quand il avait à peine 20 ans. Aujourd'hui, il préside Mixcommerce, une société qui gère et développe les sites de vente en ligne de plusieurs grandes marques, dont Kookaï et New Man.

« On voit moins l'échec

comme une tache sur le CV »
Sa société fait travailler 50 personnes, elle génère 10 millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Mais avant Mixcommerce, il y avait Wantuno : un site de déstockage électronique grand public qui n'a tenu qu'un an. « Avec ce site, j'abordais trop de domaines nouveaux à la fois », juge-t-il aujourd'hui. « Quand on se lance dans un projet, il faut savoir quelles sont ses compétences. Il faut avoir un domaine où on est très fort : moi, je sais m'adresser à une clientèle d'entreprises. » Il est donc retourné à ces bases, avec succès. « La mentalité française est en train de changer, assure Blaise Vignon, chez Microsoft. On voit moins l'échec comme une tache sur le CV, plus comme un moment d'apprentissage. D'ailleurs, même Bill Gates a commencé par un échec. »