SNCF: Les trains sont-ils condamnés à être en retard?

TRANSPORTS 2010 n'a pas été synonyme de ponctualité...

Elsa Meyer

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Panneau d'affichage à la gare Montparnasse à Paris en mai 2009.
Panneau d'affichage à la gare Montparnasse à Paris en mai 2009. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

«Notre train aura 10 minutes de retard, veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée». La petite phrase est bien connue des usagers de la SNCF. Et pour cause: les retards se sont enchainés l’année dernière, selon des statistiques internes publiées ce mercredi par le journal Les Echos.

La direction reconnaît elle-même que 2010 est à oublier en terme de ponctualité. Mais 2011 ou 2012 ne s’annoncent pas meilleurs. Le temps où les trains étaient réglés comme des montres suisses semble révolu. 

Victime de son succès

Car au-delà des causes conjoncturelles, comme les intempéries, ou structurelles, comme la vétusté du réseau, la SCNF est victime de son succès.

«Nous vivons une crise de croissance. En cinq ans nous avons connu une augmentation du nombre de TER de 20%, il y a 40% de voyageurs en plus en Ile-de-France qu’il y a sept ans, nous faisons rouler 800 TGV par jour, contre moins de 600 en 2007», expliquait jeudi soir devant quelques journalistes le PDG, Guillaume Pépy.

Une hausse des trains en circulation qui augmente mécaniquement le nombre d’incidents et de passagers touchés en cas de pépin.

Et sur certaines lignes saturées, la SNCF n’a plus aucune marge de manœuvre pour faire face à ces problèmes. «Sur un Paris-Lyon ou en Ile-de-France, le trafic est à flux tendu. Le moindre souci sur le réseau perturbe tout de suite l’ensemble de la ligne», analyse pour 20minutes.fr Sylvain Touzeau, senior manager au cabinet Sia conseil.

Objectifs de ponctualité dépassés

Difficile dons de tenir aujourd’hui les mêmes objectifs de ponctualité qu’autrefois.

En Ile-de-France, celui de «92% fixé par le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) est le même depuis 10 ans, sauf qu’entre temps le trafic a explosé. Nous ne pouvons donc plus l’atteindre. J’ai fixé en interne un objectif de 90%», confessait de son côté Jean-Pierre Farandou, Directeur de la Branche Proximités (TER et Francilien).

Investissements massifs

Face à cette hausse du trafic, la SCNF n’a pas beaucoup de solutions. «Le seul moyen de remédier à ces retards serait d’investir massivement dans la rénovation du réseau mais aussi de créer de nouvelles lignes, en doublant celles qui sont saturées», analyse Sylvain Touzeau.

Avec ce paradoxe que les travaux sur le réseau provoquent eux-mêmes de nombreux retards.

>> Le casse-tête budgétaire de la SNCF, retrouvez le décryptage de 20minutes.fr