Le baril de pétrole à 100 dollars serait "une erreur", selon le PDG de Total

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Le baril de pétrole à 100 dollars serait "une erreur", a jugé mercredi le PDG du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, en marge du Forum économique mondial (WEF) qui s'est ouvert mercredi à Davos (Suisse).

Répondant aux questions de quelques journalistes à l'issue d'un débat consacré à l'énergie, M. de Margerie a estimé qu'"aller au-delà de 100 dollars aujourd'hui serait une erreur". "C'est trop haut et trop vite".

Les cours du brut étaient en hausse mercredi à 86,41 dollars pour un baril de "light sweet crude", livraison en mars, après avoir récemment frôlé les 100 dollars. Le PDG du premier pétrolier français s'est également prononcé en faveur d'une réduction de la consommation pour éviter qu'une hausse trop forte ne pèse sur les prix.

Il participait à l'un des tout premiers débats de la 41e réunion annuelle du Forum en compagnie d'autres hauts responsables de ce secteur.

"Nous avons tous été surpris par le rythme avec lequel le marché du pétrole s'est redressé, a souligné l'un des participants.

Cette reprise mondiale a évidemment un impact sur les prix, même si, en moyenne le prix du pétrole est resté en 2010 sous la barre des 80 dollars, un niveau approprié, selon un autre. Il a estimé à cet égard que la moindre volatilité des prix du pétrole par rapport à d'autres matières premières, notamment agricoles, est à mettre au crédit de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

"80-90 dollars, c'est le prix dont nous avons tous besoin", a-t-il ajouté.

Un niveau de prix bénéfique pour les producteurs, qui ont besoin d'un prix soutenu pour leurs investissements, mais aussi pour l'environnement dans la mesure où les investissements en "énergie verte" se font aussi en fonction du prix du baril, a-t-il expliqué.

Un autre de ces participants a tenu à rassurer sur la capacité du secteur à fournir de l'énergie, et notamment du pétrole, au moins à court terme.

"Il y a plein de pétrole qui peut encore être fourni au cours de la prochaine décennie", a-t-il affirmé.

Certes, a rétorqué un autre, le pétrole et le gaz sont là, mais il est parfois difficile, voire impossible d'aller l'extraire en raison des pressions notamment environnementales. C'est aussi pourquoi "nous avons besoin du nucléaire", a-t-il souligné.