La presse britannique craint un retour du pays dans la récession

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La presse britannique s'inquiétait mercredi de du recul totalement inattendu de l'économie britannique fin 2010, annoncé la veille, qui relance les craintes d'un retour du pays dans la récession et place la politique d'austérité budgétaire du gouvernement en porte-à-faux.

"Craintes d'un retour de la récession", s'alarmait le Times, qui, comme la plupart des journaux britanniques, consacrait l'essentiel de sa Une à la nouvelle "choc" de la contraction de 0,5% du Produit intérieur brut au quatrième trimestre 2010.

"Le spectre d'une récession en double creux (c'est-à-dire d'un retour dans la récession, après celle entraînée par la crise financière, ndlr) ressurgit après la chute brutale" du PIB, renchérissait le Daily Telegraph.

Une très mauvaise nouvelle qui, pour certains titres, sème le doute sur la validité de la stratégie du gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron, qui a fait de l'assainissement des finances publiques sa priorité, devant la croissance et de l'emploi.

"Pendant que l'économie se rétrécit, le débat politique enfle", observait dans un jeu de mots le Financial Times, affirmant dans un éditorial que la panne de croissance "a plus de conséquences pour la politique que pour l'économie", tant elle place le gouvernement en position délicate, et donne du grain à moudre à l'opposition travailliste.

Le tabloïde Daily Mirror moquait le ministre des Finances George Osborne, qui a imputé l'arrêt de la croissance à la vague de froid qui a frappé le pays en novembre-décembre. Le quotidien populaire, proche des travaillistes, relevait qu'il avait "accusé le mauvais temps à 24 reprises durant une interview de 3 minutes", soit "une excuse toutes les sept secondes".

La presse consacrait également de nombreuses colonnes au gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King, qui a lui même noirci le tableau mardi, en soulignant dans un discours que les ménages britanniques faisaient face à la pire baisse de leur niveau de vie "depuis les années 1920", avec une inflation qui ne cesse de grimper tandis que les salaires sont sous pression.