2010, année de tous les retards pour la SNCF

TRANSPORTS Les trains ont été beaucoup moins ponctuels l'année dernière...

E.M.

— 

A la gare de Lyon Part-Dieu, des usagers attendent leur train, le 17 avril 2010, alors qu'une grève des agents de la SNCF perturbe le trafic des TGV notamment. 
A la gare de Lyon Part-Dieu, des usagers attendent leur train, le 17 avril 2010, alors qu'une grève des agents de la SNCF perturbe le trafic des TGV notamment.  — P.DESMAZES/AFP

La SNCF risque de devoir affronter une nouvelle fois la colère de ses passagers. Selon des statistiques internes publiées mercredi par Les Echos, les retards ont augmenté en 2010 sur tous les types de trains.

Ponctualité en baisse

Pour les Transilien, le taux de régularité est ainsi de 90,77% contre 91,4% en 2009. La ponctualité des TER a quant à elle chuté à 89,82%, contre 91,4% en 2009. La baisse est encore plus importante sur les Corail Intercités avec un taux de régularité à 80,66% en 2010 contre 83,93% en un an auparavant.

Les comparaisons sont plus difficiles sur les trajets en TGV car la méthode de calcul a changé.  Mais «selon une source interne, le taux de ponctualité calculé «à l'ancienne» (avec un critère de retard de 5 minutes pour tous les trains) approcherait les 80,5%, contre 81,2% un an auparavant», précisent Les Echos.

Intempéries et grèves

Pour Jacques Damas, directeur général en charge de l'exploitation, les explications de ces retards en série sont d’abord à trouver du côté des intempéries et des longues grèves de 2010.

Sans prendre en compte ces événements particuliers, la régularité est cependant toujours en baisse. Elle est «passée de 92,3% à 91,6% pour les Transilien, de 91,7% à 91,2% pour les TER et de 89,3% à 88,7% pour les trains grandes lignes», précisent Les Echos.

Travaux et vols de câbles

«Ces chiffres prouvent qu'une période perturbée fait sentir ses effets longtemps après», explique Jacques Damas. Les grèves du mois d’octobre ont ainsi provoqué des retards dans la maintenance et donc fragilisé le trafic au moment des fortes chutes de neige de la fin de l’année.  

«Encore aujourd'hui, la situation n'est pas revenue à la normale, et nous continuons de remonter les retards de production accumulés», souligne le dirigeant au quotidien économique.

Ces retards en série s’expliquent aussi par les nombreux travaux pour moderniser le réseau ferré. La SNCF a aussi été victime «des vols de câbles de cuivre qui ont été multipliés par 2,6 d'une année sur l'autre, à cause de la flambée des cours», relève Jacques Damas.

Aggravation en 2012?

Et la situation ne risque pas de s’améliorer l’année prochaine pour les passagers de la SNCF. Une nouvelle organisation de la circulation des trains doit être généralisée en 2012.

«Il faut revoir tous les horaires sur le territoire, c'est un travail titanesque qui peut virer au cauchemar», assure un cadre de la maison cité par Les Echos. Jacques Damas reconnaît lui même que «les risques sont importants» même si «les cheminots travaillent d'arrache-pied avec RFF[Réseau ferré de France] et les régions pour parvenir à trouver des solutions robustes».