Airbus accuse Boeing de recevoir des aides illégales aux Etats-Unis

AÉRONAUTIQUE 'entreprise pourrait réclamer 45 milliards de dollars de compensations...

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Un Airbus A320 de la compagnie Air France.
Un Airbus A320 de la compagnie Air France. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Airbus a estimé lundi que le rapport final de l'Organisation mondiale du commerce sur les aides des Etats-Unis à Boeing démontrera que son concurrent a reçu d'importantes aides illégales et a affirmé que l'Europe pourrait réclamer 45 milliards de dollars de compensations.

Le rapport final de l'OMC sera remis lundi prochain à son siège de Genève aux représentants des deux parties, l'Europe et les Etats-Unis. «Il confirmera que Boeing a reçu un montant conséquent d’aides illégales», a déclaré Maggie Bergsma, porte-parole d'Airbus.

«Les aides accordées à Boeing ont un effet bien plus significatif en termes de distorsion de la concurrence que n’importe quelle autre aide accordée à Airbus. Nous considérons qu’un montant d'au moins 45 milliards de dollars pourrait être réclamé en compensation», a-t-elle ajouté.

24 milliards de subvention

L'Europe estime à 24 milliards de dollars les subventions américaines déguisées à son grand concurrent. Elles ont entraîné pour Airbus un préjudice commercial qu'il chiffre à 45 milliards et qui pourrait donc théoriquement être réclamé par l'Europe aux Etats-Unis. En septembre, Airbus et la France, après avoir lu une version préliminaire du rapport, avaient revendiqué la victoire, assurant que l'OMC avait tranché en faveur de Bruxelles en jugeant illégales des années d'aides de Washington au géant américain.

Au-delà de la série d'exonérations fiscales et sociales dont le constructeur américain a pu bénéficier, la question clef du jugement concerne les modalités des aides versées par la Nasa et le Pentagone à l'avionneur américain, des programmes de recherches et développement. Le verdict de l'OMC est très attendu après un premier jugement rendu le 30 juin 2010 qui a condamné certaines aides européennes à Airbus (EADS). Le rapport remis lundi aux parties ne sera pas rendu public avant plusieurs semaines, le temps de le traduire en trois langues.