L'e-commerce, un secteur à part entière qui n'en finit pas de croître

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Après 31 milliards d'euros en 2010, l'e-commerce français devrait continuer sa croissance exponentielle pour atteindre cette année 37 milliards d'euros et 100.000 sites marchands, puis 45 milliards d'euros l'année prochaine.

Les ventes sur la Toile devraient ainsi se hisser à des montants comparables au chiffre d'affaires de la SNCF ou du groupe de distribution allemand Lidl, a fait valoir Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), lors de la présentation du bilan 2010 du secteur.

"Les résultats sont excellents", a commenté François Monboisse, président de la Fevad. Internet s'est affirmé comme "un canal alternatif à l'achat de détail", dans "toutes les catégories de produits", a-t-il relevé. "La croissance d'internet est superbe, et ça ne fait que commencer", a-t-il prédit.

La France "se singularise par le dynamisme de ses entreprises de commerce électronique", a souligné Eric Besson, ministre de l'Economie numérique. "Il existe peu de pays dans le monde où la position d'acteurs mondiaux" est "autant contestée par des entreprises locales", a-t-il relevé.

En 2010, l'e-commerce français a de nouveau enchaîné les records et les croissances à deux chiffres. Les dépenses des Français en ligne ont ainsi bondi de 24% à 31 milliards d'euros, comme attendu.

Le nombre de cyberacheteurs s'est établi à plus de 27,3 millions sur la période octobre-novembre 2010, soit 12% de plus qu'au dernier trimestre 2009, selon l'Observatoire des usages internet de Médiamétrie, avec notamment un afflux des plus de 65 ans. Le nombre d'internautes a lui progressé moins vite, de neuf pour cent.

Le nombre de sites marchands actifs a bondi de 28% en un an pour atteindre près de 82.000, notamment grâce à l'arrivée de nombreuses enseignes traditionnelles qui ont ouvert une boutique en ligne.

De quoi laisser présager le passage du cap des 100.000 sites en 2011, si le rythme de création de sites se maintient, prévoit la Fevad.

Autre motif de satisfaction pour le secteur : le montant moyen des transactions a renoué en 2010 avec ses niveaux d'avant-crise, à 91 euros. En moyenne, chaque cyberacheteur a procédé à 12 achats dans l'année, pour un montant estimé à 1.100 euros.

Quand au taux de transformation, il a franchi les deux pour cent au quatrième trimestre. "Sur cent visites (d'un site), il y a en a deux qui donnent lieu à une vente", a expliqué Marc Lolivier.

Les internautes sont 65% à faire confiance au commerce électronique (plus 17%). Plus particulièrement, pour la période stratégique de Noël, "avec les intempéries, on aurait pu craindre un niveau de satisfaction un peu dégradé", mais cela n'a pas été le cas, s'est-il félicité.

Le commerce électronique ne se résume pas à des sommes dépensées, ce sont aussi des emplois créés. Le secteur totalise 60.000 emplois directs et indirects en équivalent temps plein, selon une étude réalisée en septembre par le cabinet Asterès pour la Fevad et le Club des directeurs de ressources humaines du net, auprès de 360 entreprises disposant d'une activité de vente en ligne.

En 2010, l'e-commerce générait près de 34.000 emplois directs et environ 26.000 emplois indirects (logistique, acheminement, services externalisés), en moyenne mieux payés et plus jeunes que la moyenne de l'économie.

L'année dernière, les effectifs dédiés au commerce électronique ont progressé de neuf pour cent, après une hausse de 15% en 2009.