Les jouets continuent leur croissance

CONSOMMATION Le seuil des 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires a été franchi en 2010...

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Illustration/ Un magasins de jouets parisien.
Illustration/ Un magasins de jouets parisien. — I. SIMON / SIPA

Jeux de construction en bois, peluches, figurines, toupies de combat ou perles multicolores: le marché du jouet continue de résister à la crise.

3 milliards d’euros

Le seuil des 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires a ainsi été franchi en 2010 (3,05 milliards selon les dernières estimations), malgré la neige venue perturber les ventes de la période cruciale de Noël. Encore en hausse de 6% à la fin novembre, l'année termine à +3%, après une hausse de 2,7% en 2009.

«Le jouet s'est bien porté l'année dernière», note Jean-Luc Garnier, directeur du Salon du jouet et du jeu, ouvert jusqu'à mardi à Paris. Pour 2011, «la tendance est positive, les professionnels et la distribution sont optimistes».

«On fera une croissance équivalente en 2011. C'est un marché très solide", confirme Christophe Portal, du cabinet spécialisé NPD, qui donne une clé de la résistance du secteur: "on ne va pas priver les enfants de jouets".

«Secteur atypique»

C'est «un secteur d'activité atypique par rapport à d'autres» justement parce qu' «il touche l'enfant», explique Daniel Aboaf, délégué général de la Fédération française des industries jouet-puériculture (FJP).

Il est «porteur de valeurs de plaisir, de divertissement, mais surtout d'apprentissage, de construction de la personnalité» et de «lien inter-générationnel», détaille Daniel Aboaf.

Selon la Fédération, en fin d'année, les familles «ont réalisé les arbitrages de Noël en faveur des jeux et jouets».

Peluches, jeux en bois ou d’imitation

Parmi les catégories vedettes, figurent les produits de collection, les peluches et petits animaux à fonction (Zhu Zhu Pets, Furry Frenzies), les jouets de cour de récréation comme les toupies de combat (Beyblade, Battle strikers, Ninjago), les jeux de construction.

La tendance va aussi aux «jeux d'imitation: bricolage, cuisine, jardin», selon le président du Salon du jouet. Il note un intérêt pour «les loisirs créatifs: perles, dessins, collages, sables colorés».

Jean-Luc Garnier voit un retour vers «les jouets avec une valeur intrinsèque, souvent faits en France, et qui véhiculent une image de qualité». Les jouets en bois restent d'ailleurs très présents au salon. Christophe Portal note de son côté un nouvel intérêt pour «l'électronique, y compris pour le premier âge" avec des écrans tactiles, mais «le jouet traditionnel reste le fond du rayon», souligne le spécialiste de NPD.

Classiques

«On revient beaucoup sur du classique», juge aussi Jackie Pellieux, PDG du réseau de distribution Joué Club, qui a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires supérieur à 550 millions d'euros, en hausse de 4,4%.

Il mentionne jeux de société et maquettes, et prévoit même un retour du train. Mais parallèlement «il y a beaucoup de créativité dans le secteur du jouet et une accélération des nouveautés».

Autre domaine désormais bien établi, les produits dérivés de personnages de fiction ou films: Hello Kitty est omniprésente, alors que les professionnels attendent une nouvelle vague inspirée des futurs films Cars 2, Transformers 3 ou Pirates des Caraïbes 4. Des jeux puisent leur inspiration dans les thématiques écologiques comme "Gaf o CO2" et «Drôles de déchets» chez Druon.

Ou dans l'actualité, à l'image de «Plan social», jeu de cartes dans lequel le joueur, qui incarne un actionnaire, doit licencier tous ses salariés avant de délocaliser son entreprise. «A prendre totalement au 3ème degré», commente Stéphane Daniel, d'Arplay, éditeur du jeu.