Pétrole: les pays de l'OPEP pourraient augmenter leur production

© 2011 AFP

— 

Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, a déclaré lundi que les pays de l'Opep pourraient augmenter leur production en 2011, pour répondre à une croissance de la demande stimulée par la reprise mondiale.

M. Nouaïmi, dont le pays est le premier exportateur mondial de brut, s'est montré extrêmement rassurant sur la situation économique mondiale, affirmant que la demande mondiale de brut devrait augmenter de 2% en 2011, et optimiste quant à la stabilité des prix et du marché.

Evoquant la situation du marché en 2011, le ministre a estimé que "les pays producteurs non membres de l'Opep devraient continuer à augmenter leur production, mais à des niveaux moindres que les années précédentes".

"Cela devrait donner aux pays de l'Opep la possibilité d'augmenter leurs approvisionnements du marché, afin de faire face à une demande mondiale en hausse", a ajouté M. Nouaïmi dans une allocution prononcée dans le cadre d'une conférence économique.

Il a cependant refusé de répondre aux questions des journalistes qui lui demandaient si l'Opep prévoyait une hausse dans l'immédiat de la production, alors que les prix ont frôlé les 100 dollars en janvier, ce qui a poussé l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à tirer la sonnette d'alarme.

"La politique de l'Opep est de répondre à toute augmentation de la demande pour garder l'équilibre entre l'offre et la demande", a encore dit le ministre.

La production de l'Opep, qui extrait 40% du pétrole mondial, est d'environ 24,84 millions de barils par jour (mbj).

Le ministre a estimé qu'en 2011, "le marché connaîtra un équilibre entre l'offre et la demande". "Je m'attends a ce que les prix demeurent à leur niveau de l'an dernier", a-t-il ajouté.

Pour M. Nouaïmi, "il est clair que le monde est sorti de la crise financière de 2008-2009 et selon les prévisions, l'économie mondiale devrait connaître une croissance de 4% environ".

"Par conséquent, la demande de pétrole va augmenter", a-t-il ajouté, affirmant s'attendre à une hausse de 2% en 2011, soit entre 1,5 et 1,8 mbj.

L'AIE table pour sa part sur une augmentation de 1,4 mbj par rapport à 2010 (+1,6%).

Le ministre a indiqué que la demande viendrait surtout d'Asie, du Moyen-Orient et d'Amérique Latine. Selon lui, 2011 pourrait "marquer un tournant, car la demande des marchés émergents et des pays en voie de développement pourrait atteindre le niveau des pays industrialisés, et le dépasser en 2013".

"Il y a vingt ans seulement, les pays industrialisés constituaient plus de 70% de la demande" mondiale sur le pétrole, a-t-il souligné.

M. Nouaïmi a par ailleurs répété que l'Arabie saoudite, qui produit environ 8 mbj, disposait d'une capacité de production supplémentaire de quelque 4 mbj.

Le baril de brut a frôlé le seuil symbolique des 100 dollars début janvier, "suscitant des inquiétudes sur l'impact de prix élevés sur la reprise économique mondiale", a affirmé l'AIE dans ses prévisions mensuelles, alors que les cours ont grimpé de 25% depuis septembre après une année de relative stabilité.

Les cours du brut étaient en hausse lundi dans les échanges électroniques en Asie, dans l'attente de la réunion de la Réserve fédérale américaine cette semaine, ont indiqué les analystes.

Dans les échanges matinaux, le baril de light sweet crude pour livraison en mars gagnait 24 cents à 89,35 dollars. Celui de Brent de la Mer du Nord à échéance identique prenait 15 cents à 97,75 USD.