Grèce: le gratin politique grec dans le collimateur après le scandale Siemens

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Le gratin de la politique grecque, 15 ministres ou ancien ministres socialistes et conservateurs, ont été désignés vendredi par une commission parlementaire comme responsables présumés du scandale des pots de vins versés par le groupe industriel allemand Siemens.

Seuls trois ex-ministres, les conservateurs Procope Pavlopoulos et Christos Markoyannakis, et le socialiste Tassos Mantelis sont toutefois susceptibles d'être poursuivis en justice. Les autres sont couverts par la loi sur la responsabilité ministérielle, prévoyant des délais courts de prescription.

Le parti socialiste au pouvoir Pasok et la Nouvelle-Démocratie (ND) conservatrice ne sont pas parvenus, à l'issue de plus d'un an de travaux de la commission, à s'entendre sur une liste commune.

Le Pasok a mis en cause cinq de ses ex-ministres et sept homologues de droite, la ND n'a désigné que des socialistes, dont l'ancien Premier ministre Costas Simitis (1996-2004).

Au total, sont ainsi mis en cause cinq ministres ou ex-ministres de l'Economie et des Finances, dont l'actuel, Georges Papaconstantinou, à l'intiative de la droite, quatre ex-ministres de droite de l'Ordre public, et un ancien ministre socialiste de la Défense.

La presse accusait vendredi la classe politique d'immoralisme et irresponsabilité au vu du bilan de cette commission, censée être emblématique de la lutte contre la corruption gangrenant le pays.

"Siemens, la farce" titrait le socialiste Ta Néa. Le libéral Kathimerini dénonçait des "jeux politiques avec des délits prescrits" et Elefthérotypia (gauche) déplorait que la "justice ait été écartée au profit de critères partisans".

Depuis la révélation du scandale des pots de vins versés dans divers pays par le géant allemand, seuls deux responsables grecs, M. Mantelis et Théodore Tsoukatos ont admis des encaissements.

L'enquête menée par la justice traine par ailleurs depuis des années, tandis que trois anciens haut-responsables de Siemens-Grèce ont réussi à fuir le pays.

Selon la presse allemande, le volet grec de l'affaire porte sur le versement de 100 millions d'euros de pots de vins à des décideurs de tout bord de la fin des années 90 au début des années 2000.