le patronat cherche à tordre le coût du travail

gilles wallon

— 

Eric Besson, ministre de l'Industrie.
Eric Besson, ministre de l'Industrie. — MEIGNEUX / SIPA

L'offensive a commencé. Avec 2012 en ligne de mire, le patronat et quelques économistes ont lancé cette semaine un débat qu'ils espèrent bien faire durer jusqu'à la présidentielle : celui de la compétitivité, et du coût du travail. Après Manuel Valls en tout début d'année, les critiques des 35 heures se multiplient.
Hier, dans un rapport remis au ministre de l'Industrie, Eric Besson, l'institut économique COE-Rexecode a analysé le décrochage de l'industrie française face à l'industrie allemande. Pour ce groupe de recherche proche du Medef, ce sont les coûts de production, trop élevés, qui expliquent que la France est à la traîne. Selon l'institut, il faut réduire d'urgence les charges que paient les entreprises, et compenser cette baisse des impôts par une réduction des dépenses publiques. Il propose aussi d'ouvrir de nouvelles négociations entre les salariés et les patrons sur les salaires et la durée du travail. Le rapport remis à Eric Besson n'épargne pas les 35 heures, dont la mise en place trop « uniforme » aurait réduit la productivité française.
Mardi dernier, Laurence Parisot s'était exprimée sur le sujet en termes encore plus clairs. Pour la patronne du Medef, « ne pas voir que la durée du travail a un effet sur notre compétitivité, c'est refuser de voir la réalité en face. » Elle a aussi appelé à l'ouverture d'un « débat » sur la baisse des charges dans les entreprises.
Le gouvernement y semble tout à fait prêt, mais il refuse de se précipiter. Eric Besson vient de solliciter la Conférence nationale de l'industrie, qui rassemble des acteurs syndicaux et patronaux de tous bords, pour lui faire des propositions d'ici au 30 mai. Parmi les pistes possibles, l'augmentation de la CSG, le principal impôt français, ou bien la hausse de la TVA. Les 35 heures, qui restent populaires en France, ne devraient pas être remises en question avant 2012.