Pétrole: Le Venezuela revendique le titre de plus grande réserve mondiale

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Le Venezuela a affirmé mercredi avoir dépossédé l'Arabie saoudite du titre de pays possédant les plus grandes réserves de pétrole au monde, avec un total de 297 milliards de barils certifiés, dont la majorité serait toutefois compliquée et chère à extraire.

"A la fin de l'année 2010, nous avions un niveau de 217 milliards de barils de pétrole et nous sommes maintenant, au début de cette année, déjà en mesure de certifier 297 milliards de barils", a déclaré à la presse le ministre du Pétrole, Rafael Ramirez.

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, détenait jusqu'ici les réserves prouvées les plus élevées au monde avec 266 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Le gouvernement se fonde sur les chiffres de la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) et des entreprises étrangères qui opèrent dans le pays sud-américain, huitième producteur mondial en 2009, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Ces chiffres doivent ensuite être certifiés par l'Opep.

Les réserves du Venezuela ne s'élevaient qu'à 75 milliards de barils lors de la première élection à la présidence du Venezuela d'Hugo Chavez en 1998, a rappelé M. Ramirez.

Mais depuis, le pays a réussi à certifier "220 milliards de barils dans le Bassin de l'Orénoque (sud-est)", zone riche en pétrole lourd et extra-lourd de 55.314 km2, où le Venezuela multiplie les investissements, a-t-il ajouté.

"Ces réserves sont à des années d'être développées. Donc ces annonces n'ont pas d'impact immédiat sur le marché pétrolier (...) La plupart des réserves du Venezuela correspondent à du brut très lourd, visqueux et il faut d'immenses investissement pour le sortir du sol", estime Andy Lipow, expert pétrolier basé à Houston (Etats-Unis).

"Ce qu'ils ont fait ces dernière années, c'est de faire beaucoup d'annonces avec d'autres pays, des accords de partenariat avec la Chine, la Russie et l'Iran, mais les développements sont vraiment très lents", ajoute-t-il.

La production du Venezuela (3 millions de barils par jour selon PDVSA, mais seulement 2,3 millions b/j selon l'Opep) ne représente à l'heure actuelle qu'entre le quart et le tiers de celle de l'Arabie saoudite.

PDVSA compte investir plus de 197 milliards de dollars (146 milliards d'euros) sur cinq ans pour la faire passer à 4,4 millions de barils par jour en 2015.

La hausse des cours du brut - de 20 dollars le baril dans les années 90 à plus de 90 actuellement - a également ravivé l'intérêt des compagnies étrangères, même si certaines ont quitté le pays après la nationalisation du secteur par le gouvernement socialiste en 2007.

L'an dernier, une trentaine d'entreprises de plus de 20 pays différents opéraient ainsi dans la réserve de l'Orénoque, même si PDVSA possède 60% dans tous les projets développés dans le bassin depuis la loi de nationalisation.

Le Venezuela détient aussi des réserves prouvées d'environ 5.200 milliards de mètres cubes de gaz, selon le ministère de l'Energie et du Pétrole, et il espère les porter à plus de 11.000 milliards de mètres cubes d'ici à la fin 2014, ce qui le situerait au quatrième rang mondial.

La vente de brut représente 90% des entrées de devises et 50% des ressources fiscales du gouvernement de gauche radicale de Hugo Chavez, qui utilise la manne pétrolière pour financer toutes sortes de programmes sociaux.