Crise de la dette: La situation s'apaise en Europe

EURO Les bonnes nouvelles se multiplient dans les pays de la zone euro...

Thibaut Schepman
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Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010.
Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010. — BAUMGARTEN/VARIO IMAGES/SIPA

Enfin de bonnes nouvelles en Europe sur le front de la crise de la dette. Les Etats de la «périphérie» de la zone, en difficulté depuis plusieurs mois, ont passé avec succès plusieurs test importants cette semaine.

Le Portugal réussit son test

C’est le Portugal qui passait le premier test de la semaine, mercredi, en émettant 1,25 milliards d’euros d’obligations. En clair, le pays propose aux investisseurs de lui acheter des titres de créance, appelés obligations, qui assurent un rendement annuel à un taux fixe, avant remboursement au terme du contrat dans six ou dix ans. Rien d’inquiétant, cela fait partie de la gestion courante des affaires d’Etat. Sauf que la crise actuelle rend les investisseurs plus frileux. On craignait même que peu d’entre eux acceptent ce deal, ou qu’ils proposent des taux d’intérêt prohibitifs, comme ce fût le cas pour l’Irlande ou la Grèce.

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Au contraire, l’émission a rencontré un franc succès, et la totalité des obligations ont été placées. De quoi éloigner les craintes de voir le Portugal avoir recours à une aide internationale.

L’Espagne et l’Italie rassurées

«L'adjudication portugaise a réuni tous les éléments de nature à apaiser les craintes sur la dette des pays périphériques de la zone euro», avance Peter Chatwell, stratégiste taux chez Crédit agricole CIB. Si des investisseurs ont acheté de la dette portugaise, d’autres feront de même avec celles de l’Espagne et de l’Italie, jugées moins risquées. Ainsi, jeudi matin, l’Espagne et l’Italie ont réussi à placer respectivement 3 et 6 milliards d’euros à cinq ans, soit le maximum des fonds souhaités, annonce en une de son site internet le quotidien espagnol El Mundo. Seul bémol, les taux demandés sont en augmentation, à 4,5%.

Détente pour la Grèce et l'Irlande

Encore très élevés, les taux d’emprunt et le coût d’assurance des dettes irlandaises et grecques ont eux baissés, ce qui montre que la confiance est quelque peu revenue pour ces deux pays.  La Grèce a même pu emprunter, certes à très court terme, 1,95 milliard d'euros à six mois, dont plus d’un tiers à des investisseurs étrangers. «Les achats étrangers ont été d'environ 37%, nous sommes satisfaits de pouvoir continuer à lever des financements à court terme sans encombre», se félicité le responsable de l’agence de gestion de la dette publique, Petros Christodoulou. 

De son côté, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, s’est félicité de ces bonnes nouvelles, mais a répété lors d’une conférence de presse à Zurich qu’il est «encore trop tôt» pour dire «de manière définitive quand cette crise parviendra à son terme», et qu’une «série de décisions pertinentes sont en cours d'élaboration» pour résoudre la crise de la dette. Un accord en la matière doit intervenir en février ou en mars, où plusieurs sommets européens sont programmés.