Soldes: «On s'est levés à 6h pour ne pas être en retard»

REPORTAGE Témoignages des premiers clients à l'ouverture des boutiques mercredi matin...

Thibaut Schepman

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Des clientes lors de l'ouverture des grands magasins, boulevard Hausmann, à Paris, le mercredi 12 janvier 2011.
Des clientes lors de l'ouverture des grands magasins, boulevard Hausmann, à Paris, le mercredi 12 janvier 2011. — DR

Il est 7h30, devant les Grands magasins, boulevard Hausmann à Paris. Il fait froid, il bruine, mais une dizaine de courageux patientent déjà devant les portes barrées de grands «-50%», ou «Soldissimes». Ils regardent les vendeurs qui, derrière les portes en verre, briquent une dernière fois les présentoirs.

«Des sacs entiers de vêtements»

Diana, 34 ans, est Australienne mais est souvent «de passage à Paris». Elle l’annonce en riant: elle est là pour renouveler sa garde-robe, et sait déjà qu’elle va repartir avec «des sacs entiers de vêtements».
Fernando et Anna Carolina, venus du Brésil, passent eux leur première semaine en France. Mais c’est déjà la deuxième fois qu’ils se rendent dans ces boutiques. «Nous avions entendu parler des grands magasins avant de venir en France. Les vêtements sont superbes, mais trop chers pour nous. Alors, quand les vendeurs nous ont dit qu’il y aurait des soldes, nous avons décidé de revenir aujourd’hui», explique le couple, bien décidé à repartir avec un manteau pour leur fils et un sac de marque pour madame.

500 à 600 euros de budget

Il reste maintenant quelques minutes avant l’ouverture, et le porche est désormais trop petit pour protéger les nouveaux venus de la légère pluie. Parmi la cinquantaine de personnes présentent, quatre amies se pressent, essoufflées. «On s’est levée à 6h pour ne pas être en retard, mais on a un peu trop traîné.»

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Leur seul faux-pas dans une organisation bien huilée. Elles sont arrivées mardi de Strasbourg «pour faire des repérages». De quoi éviter de dépasser leur budget, «500 à 600 euros», et surtout gagner du temps. Aujourd’hui, elles savent «minute par minute» où elles vont se rendre. Pas le temps d’en savoir plus, les vigiles viennent de donner le top départ. En se hâtant, chacun se rend dans son rayon de prédilection. Les Strasbourgeoises filent vers l’escalator, direction le prêt-à-porter.

Première cohue

Pendant ce temps, c’est déjà la cohue devant une enseigne de maroquinerie de luxe. Une cliente s’en prend aux vigiles. Une dizaine de personnes, mieux renseignées, sont passées par la porte de derrière et sont aux premières loges pour acheter les sacs bradés à plusieurs milliers d’euros. La cliente en colère tente d’empêcher les heureux élus de prendre les commandes de leurs amis à l’extérieur. Peine perdue, les premiers sacs sortent déjà du magasin aux bras des clientes ravies, en route vers leur prochain achat.

Dans l’agitation, une cliente flâne tranquillement, un grand panier à la main. Annie, 52 ans, a déjà acheté une parka, repérée de longue date, «avec 50% de réduction». «Maintenant, je me laisse une demi-heure pour regarder les produits. Après les soldes seront finis pour moi», assure-t-elle.

C’est sûrement l’une des seules dans ce cas. Les amies alsaciennes, elles, poursuivent méthodiquement leurs emplettes. Avec une seule idée en tête: réussir à «faire tout le boulevard Hausmann» en une seule journée.

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