Renault: Entre complot chinois ou psychose, l'affaire d'espionnage industriel s'emballe

AUTOMOBILE 20minutes.fr fait le point sur la situation...

Elsa Meyer

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Renault a proposé mardi des départs anticipés à la retraite pour pénibilité à 3.000 salariés sur trois ans, un dispositif réclamé par les syndicats, mais qu'ils interprètent comme un dégraissage alors que la direction n'a pas encore annoncé d'embauches en parallèle.
Renault a proposé mardi des départs anticipés à la retraite pour pénibilité à 3.000 salariés sur trois ans, un dispositif réclamé par les syndicats, mais qu'ils interprètent comme un dégraissage alors que la direction n'a pas encore annoncé d'embauches en parallèle. — Philippe Huguen afp.com

L’affaire d’espionnage industriel chez Renault prend de l’ampleur. Mais les questions sont bien plus nombreuses que les réponses.

20minutes.fr fait le point sur la situation alors que les accusations et les démentis se multiplient. 

Quand l’affaire a-t-elle commencé?

Le 3 janvier dernier, trois cadres de Renault sont «mis à pied»: leur salaire est suspendu, ils n’ont plus accès à l’entreprise et une procédure de licenciement est activée. Selon la presse, la direction les soupçonne d’avoir divulgué des informations confidentielles sur les projets de véhicules électriques du constructeur.

Dans une interview au journal Le Monde, le numéro deux de Renault, Patrick Pélata, affirme qu’«aucune pépite technologique, stratégique sur le point de l'innovation, n'a pu filtrer en dehors de l'entreprise, y compris les presque 200 brevets déposés ou en cours de dépôt».

Des informations sur l’architecture des véhicules et le modèle économique du projet auraient en revanche pu être divulguées.

Qui aurait espionné Renault?

Pour Patrick Pélata, Renault est «victime d'une filière organisée internationale». Il n’a cependant pas donné plus de précisions.

Selon Le Figaro de mardi, une société chinoise spécialisée dans la distribution électrique serait derrière toute cette affaire. Elle aurait versé de l'argent sur des comptes à l'étranger qui appartiendraient à certains cadres mis à pied par le constructeur français.

Deux d’entre eux possèderaient ainsi des comptes dans des paradis fiscaux: l’un au Liechtenstein, avec 130.000 euros dessus, et l’autre en Suisse, crédité de 500.000 euros.

Que disent les principaux accusés ?

La Chine a démenti mardi toute implication dans cette affaire. «Ces accusations sont sans fondement et irresponsables. La partie chinoise ne peut les accepter», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, lors d'un point de presse. Deux des trois cadres mis à pied par Renault rejettent aussi en bloc leur rôle dans cette histoire.

Une enquête interne est en cours chez le constructeur. Renault a aussi décidé de porter l’affaire devant la justice. Mais personne ne sait encore s’il s’agira d’une plainte contre X, contre ses salariés ou contre une autre société.