Ryanair quitte Marseille et menace des centaines d'emploi

ECONOMIE En raison d'un procès, la compagnie va supprimer plus de la moitié de ses lignes...

E.M. avec Reuters

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Un avion Ryanair sur le tarmac de l'aéroport de Marseille en novembre 2006.
Un avion Ryanair sur le tarmac de l'aéroport de Marseille en novembre 2006. — AFP PHOTO/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/FILES

Ryanair et Marseille, c’est terminé. La compagnie à bas coûts ferme mardi une partie de sa plate-forme pour cause de procédure judiciaire sur les conditions de rémunération de 200 salariés. Une décision qui menace directement plusieurs centaines d’emplois dans la région.

13 lignes supprimées

Au total, Ryanair va supprimer 13 des 23 lignes qu'elle assure au départ de Marseille, notamment vers Brest, Lille, Nantes, Agadir (Maroc), Eindhoven (Pays-Bas) et Venise.
 
Les postes de pilotes et de personnels navigants basés à Marseille seront transférés vers d'autres aéroports en Espagne, en Italie et en Lituanie. Il en sera de même pour les quatre avions basés sur le tarmac provençal.

500 emplois menacés

Mais à l’aéroport de Marseille-Provence, Ryanair représente plus de 80% du trafic du terminal réservé aux compagnies «low cost». La direction a donc commencé à faire ses comptes. 
 
Elle estime que les retombées économiques de l'activité low cost pour le territoire de Marseille représente 550 millions d’euros.
 
«Le fait que Ryanair réduise de moitié ses activités a une conséquence directe pour plusieurs centaines d'emplois», a déclaré à Reuters son directeur du marketing, Julien Boullay. «Ryanair a permis la création de 1.000 emplois directs ou induits. On estime donc à 500 les emplois directement menacés par son retrait partiel», a-t-il ajouté.

Croissance de Marseille

L'arrivée en 2006 de la compagnie aérienne avait grandement contribué au développement du terminal low cost marseillais. Ce dernier a connu en 2009 la deuxième plus forte croissance de trafic passager des 100 plus grands aéroports européens.
 
Dans l'attente d'un hypothétique retour de Ryanair, la direction de l'aéroport s'attache à «combler le vide». «Notre priorité est d'ouvrir de nouvelles lignes avec d'autres compagnies», explique Julien Boullay.
 
La filiale low cost d'Air France, Transavia, a ouvert en novembre une liaison vers Monastir (Tunisie) et devrait rapidement se développer sur d'autres destinations. «Nous sommes aussi en contact avec plusieurs opérateurs désireux de s'investir sur notre territoire», a-t-il précisé.