Comment Facebook flirte avec la Bourse

FINANCE Et contourne les règles de Wall Street pour lever des fonds...

Elsa Meyer
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Mark Zuckerberg, à la conférence Web 2.0 à San Francisco, le mardi 16 novembre 2010
Mark Zuckerberg, à la conférence Web 2.0 à San Francisco, le mardi 16 novembre 2010 — AP Photo / Paul Sakuma

Vous avez un peu (beaucoup) d’argent de côté et souhaitez devenir actionnaire de Facebook? C’est possible, même si le réseau social n’est pas encore coté en Bourse. Car pour trouver des liquidités, la société flirte avec les règles de Wall Street.

Entrée en Bourse

Facebook n’est pas pressé d’y faire son entrée. Et pour cause: l’opération coûte cher et oblige surtout à rendre publique ses données financières. Hors de question pour le réseau social qui garde jalousement ses secrets de fabrication.

La loi américaine oblige cependant à divulguer certaines de ces informations dès que le seuil de 500 actionnaires est franchi. L’équation pour Facebook est donc simple: trouver un maximum d’investisseurs sans dépasser le chiffre fatidique de 499.

Parade boursière

Le réseau social semble avoir trouvé la parade. La banque d’affaires Goldman Sachs a récemment investi 450 millions de dollars dans la société fondée par Mark Zuckerberg.

Elle s’est aussi engagée à lever pour 1,5 milliard de dollars de fonds auprès de ses clients privés les plus fortunés. Ces derniers avaient jusqu’à ce vendredi pour envoyer une promesse d'achat de titres Facebook et jusqu'à mardi prochain pour virer les fonds à la banque.

Un seul et même investisseur

Les clients se seraient rués sur l’opération. Mais par la magie de montages financiers, ils ne doivent représenter qu’un seul et même investisseur.

Dans un mail envoyé aux intéressés, Goldman Sachs les a prévenus qu’ils placeraient leurs fonds dans une nouvelle société enregistrée au Delaware appelée FBDC Investors LP. Au final, il n’y aura donc pas différents actionnaires mais bien plusieurs milliards de dollars pour Facebook.

Gendarme de la Bourse

Cette petite opération n’est cependant pas du goût du gendarme de la bourse aux Etats-Unis (SEC). Il a décidé de vérifier que ce montage financier n’était pas censé contourner la fameuse règle des 500. Dans ce cas de figure «l'agence pourrait forcer Facebook à compter chacun des actionnaires de cette structure dans le total de la société», expliquait mercredi le Wall Street Journal.   

Mais Marck Zuckerberg sait bien qu’il ne pourra pas éternellement éviter de franchir le cap des 499 actionnaires. Selon le mail envoyé par Goldman Sachs, cela pourrait intervenir dès l’année prochaine. Et accélérer l’entrée en Bourse de Facebook en 2012.