Le gendarme de la Bourse américaine se penche sur l'investissement de Goldman Sachs dans Facebook

FINANCE Il veut en vérifier la légalité...

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Le licenciement de salariés ayant critiqué leur entreprise sur Facebook, validé vendredi par les prud'hommes, illustre le manque de vigilance des internautes qui sous-estiment le caractère public des réseaux sociaux, estiment des experts.
Le licenciement de salariés ayant critiqué leur entreprise sur Facebook, validé vendredi par les prud'hommes, illustre le manque de vigilance des internautes qui sous-estiment le caractère public des réseaux sociaux, estiment des experts. — Loic Venance afp.com

Le gendarme de la Bourse américaine s’intéresse de très près à l’investissement de la banque d’affaires Goldman Sachs dans Facebook. La SEC veut s'assurer qu'il ne contourne pas les règles encadrant les sociétés non cotées, a affirmé mardi le Wall Street Journal.

Règles en vigueur

Selon le quotidien financier américain, qui cite des sources proches du dossier, les responsables de la Securites and Exchange Commission veulent «examiner les véhicules d'investissement spéciaux comme celui créé par Goldman Sachs et Facebook pour déterminer s'ils sont conçus avec pour but premier de contourner la règle dite des 500 actionnaires».

Selon la réglementation actuelle, qui date des années 60, quand une société non cotée atteint le seuil de 500 actionnaires, elle devient contrainte à divulguer certaines informations financières.

500 millions de dollars

De nombreux commentateurs ont vu dans l'investissement de 500 millions de dollars effectué par Goldman Sachs avec le groupe russe mail.ru un moyen pour le site communautaire d'avoir accès aux clients de la prestigieuse banque américaine tout en restant sous ce seuil, et en s'affranchissant d'éventuelles contraintes de transparence.

Le financement de Goldman compte en effet pour un seul actionnaire, alors qu'il regroupe tous ses clients.

«Si la SEC détermine que le véhicule financier a été créé pour contourner la règle des 500 actionnaires, l'agence pourrait forcer Facebook à compter chacun des actionnaires de cette structure dans le total de la société», explique le quotidien des affaires.

Facebook non coté

Jusqu'à présent, le site aux 500 millions d'utilisateurs, soucieux de grossir sans avoir à se plier aux règles encadrant les sociétés cotées, a tout fait pour éviter de passer le seuil fatidique: ses employés ne sont par exemple pas autorisés à vendre des actions, et ceux embauchés depuis 2007 disposent d'actions sans valeur tant que Facebook n'est pas racheté ou introduit en Bourse, rappelle le journal.

A lui seul, le fondateur du groupe, Mark Zuckerberg, détient 25% du site valorisé 50 milliards de dollars par l'investissement de Goldman Sachs.

En fonction du résultat de son enquête, la SEC pourrait procéder à une refonte de la réglementation en vigueur, selon le Wall Street Journal. Pour le régulateur, poursuit le quotidien, la difficulté est de trouver un compromis entre protection des investisseurs et la volonté des compagnies non cotées d'accéder à des sources de capital.