Les plateaux-repas baissent leurs prix pour attirer de nouveaux clients

CONSOMMATION Cette particularité française se démocratise...

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Un employé dans une entreprise.
Un employé dans une entreprise. — BAUMGARTEN/ VARO IMAGES / SIPA

ll reste l'apanage des réunions de cadres supérieurs et une spécificité française. Mais le plateau-repas en entreprise s’est démocratisé pour résister à la crise. Certains professionnels ont même abaissé les premiers prix à environ 10 euros le repas.

3 millions de repas

Entre 2,5 et 3 millions de ces repas sont livrés chaque année en France, un marché d'environ 60 millions d'euros, selon les professionnels contactés par l'AFP.

Il reste une «particularité française», souligne un des pionniers du secteur, Jacques Hesse, «il n'y a qu'en France qu'on recherche une telle qualité, même pour un déjeuner au bureau pendant une réunion de travail».

Nés à la fin des années 80, «ces plateaux-repas ne pouvaient se développer que s'ils baissaient leurs prix», note Bernard Boutboul, directeur de Gira Conseil, spécialisé dans la restauration. Aujourd'hui, l'offre va de 10 à 45 euros (sans boissons), avec un coeur de marché entre 19 et 25 euros.

Haut de gamme

En haut de gamme opèrent Lenôtre, Fauchon, Dalloyau, Potel et Chabot, «des traiteurs reconvertis dans le plateaux-repas lors de la première guerre du Golfe, pour compenser la baisse des réceptions», selon Jacques Hesse.

Mais l'offre à moins de 20 euros s'est étoffée avec l'arrivée d'opérateurs comme Saveurs d'Evénements (Casino), Room Saveurs (Fleury-Michon) ou Class'Croûte.

Ils ont permis de «démocratiser le plateau-repas» mais aussi obligé tous les acteurs à «se calmer sur les prix», explique Bernard Boutboul.

«Anecdotiques»

Les coffrets de sandwichs ont surtout séduit les entreprises pour les formations des salariés, sans affecter le marché des réunions de direction, selon Jean-Marc Sonolet, président de Class'Croûte.

Les gammes économiques restent «anecdotiques», explique Marie-Laure Basset, directrice marketing et commerciale de Room Saveurs. «Le client reste exigeant, car il déjeune en travaillant alors qu'il pourrait prendre une pause».

Neige et grèves

 «C'est aussi un marché très sensible à la météo, au climat social», souligne Céline Galetti, responsable développement à L'Affiche (Sogeres, filiale de Sodexo) et leader du marché avec environ 1.600 plateaux par jour.

 «Des prévisions de neige ou de verglas, et les commandes s'effondrent, parce que les réunions sont annulées», note-t-elle. Idem pour les mouvements sociaux. «En septembre, les deux journées de grèves nationales nous ont fait perdre 2.500 plateaux», estime-t-elle.

Vif recul

Après une forte croissance au milieu des années 2000, le marché a connu «un très vif recul en 2008 et 2009, passant de +15, voire +20% par an à une croissance nulle», note Jean-Marc Sonolet.

Avec la crise, mais aussi la grippe H1N1, les entreprises ont réduit réunions et séminaires. Les prix moyens des commandes ont baissé d'environ un euro par plateau, estiment les opérateurs.

En 2010, les commandes ont repris, plus fortement dans le haut de gamme.

Emballages écolos

Particularité de ce marché, ceux qui commandent sont rarement ceux qui consomment, et «c'est un frein aux changements», souligne Jean-Marc Sonolet. «Une assistante de direction va préférer le consensuel, ne pas risquer d'impair en s'aventurant dans des saveurs un peu particulières».

Si les plateaux-repas se déclinent rarement en bio, les emballages sont devenus plus écolos, avec assiettes et couverts en bambou ou amidon de maïs.

Il s'agit, selon Didier Ferré, directeur développement durable de Lenôtre, de répondre à une exigence des entreprises: avoir des fournisseurs éco-responsables.