Apple qui rachète Facebook, la zone euro qui s'effondre... Les cinq scénarios incroyables qui pourraient bien transfigurer l'économie en 2011

PRÉVISIONS haque année les analystes font des paris fous, dont une partie s'avèrent vrais...

Thibaut Schepman

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 Photo prise  dans la maison  natale du "visionnaire", du mannequin de Michel de Notredame, dit  Nostradamus à Salon de Provence le 15 juin 1999 .  (IMAGE ELECTRONIQUE)
 Photo prise  dans la maison natale du "visionnaire", du mannequin de Michel de Notredame, dit Nostradamus à Salon de Provence le 15 juin 1999 . (IMAGE ELECTRONIQUE) — BORIS HORVAT/AFP

Chaque fin d’année, les analystes se livrent à un exercice périlleux: tenter de prédire les évènements encore imprévisibles, mais qui pourraient se réaliser à court terme et faire vaciller l’économie mondiale. Cela pourrait ressembler à un jeu malsain à la Nostradamus mais, chaque année, une partie des scénarios se confirment.

En 2010, le gros lot revenait à parier sur la faillite d’Etats européens, la montée spectaculaire des prix de certaines matières premières  ou sur un scénario voyant les Etats-Unis faire tourner la planche à billet. Tour d’horizon des cinq hypothèses les plus folles pour l’année à venir.

1)  Un éclatement de la zone euro 

«Au mieux, la zone euro traversera les prochaines années de manière difficile. Au pire, elle éclatera». La prédiction vient de l’économiste américain Nouriel Roubini. Celui-ci est certes connu pour systématiquement prédire des catastrophes. Sauf qu’il est l’un des seuls à avoir anticipé la crise des subprimes et cela rend son scénario crédible. Selon lui, en achetant la dette de l’Irlande et de la Grèce, le FMI et l’Eurozone n’ont fait que retarder le problème en changeant la patate chaude de main. «Personne ne va débarquer de Mars ou de la Lune pour renflouer le FMI ou l’eurozone», prévenait-il, interrogé sur CNBC en novembre dernier.

Le prochain gros pays à tomber pourrait être le Portugal, l’Espagne, la Belgique ou la France, qui selon Roubini n’est « pas tellement en meilleure posture que la périphérie [de la zone euro]». Dans ce cas il «n’y aurait pas assez d’argent dans les caisses» pour sauver ces pays.  Et la zone euro éclaterait.

2) Des villes américaines en faillite

On l’appelle le «Sage d’Omaha». Il est devenu l’un des hommes les plus riches du monde grâce à ses placements financiers. Warren Buffet,  le financier octogénaire adresse régulièrement ses conseils économiques, depuis sa petite ville du Nebraska. Interrogé par la Commission d’enquête américaine sur la crise économique, il a livré sa principale inquiétude pour les années à venir. Selon lui, «un terrible problème est à attendre des finances locales». Des collectivités, à commencer par Los Angeles  et la Californie, pourraient faire défaut. Dans ce cas, une crainte générale pèserait sur les obligations (titres d’emprunts) des collectivités, les «municipal bonds». Et l’Etat fédéral devrait alors voler au secours de ces collectivités, comme l’Europe le fait pour ses Etats endettés.

3) Apple achète Facebook

La  Saxo bank n’est pas seulement une équipe cycliste. C’est surtout une institution financière danoise, qui s’est spécialisée dans les «outrageous predictions», les prédictions incroyables. En moyenne, trois à quatre sur dix se réalisent chaque année. En 2011, elle mise sur un rachat de Facebook par Apple. «Que faites-vous lorsque vous visez la domination dans le marché de l’informatique et des appareils mobiles et que vous n’avez pas de présence significative dans les médias sociaux?», interroge la banque. Vous en achetez un, répond-t-elle, précisant qu’Apple dispose «d’un trésor de guerre de 51 milliards de dollars pour ses investissements», et que  Facebook est évalué à 43 milliards de dollars. CQFD.

4 ) Nouvelle guerre des monnaies

Vous vous souvenez de la guerre des monnaies en 2010? Une société d’animation américaine a même fait un petit rap pour vous l’expliquer. Le milliardaire américain Georges Soros craint que  celle-ci s’accélère en 2011. Depuis plusieurs mois, les deux pays font baisser leur monnaie pour doper leurs exportations et freiner celles des concurrents. Les Etats-Unis usent de la planche à billets, la Chine de la sous-évaluation du yuan. Les grands perdants sont l’Europe et le Japon. Soros craint donc de voir «le conflit de politique économique déteindre sur la sphère géopolitique».

 5) L'or atteint 1.800 dollars l’once

Puisque les Etats-Unis maintiennent un dollar faible, les investisseurs vont se porter sur les valeurs refuge. L’or, valeur refuge par excellence, devrait en profiter. L’once, qui a déjà augmenté de 30% en un an, pourrait coûter 1800 dollars, 400 de plus qu’aujourd’hui. Jusqu’à ce que la bulle explose…