La neige à Noël grippe le tiroir-caisse des commerçants

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La pagaille engendrée par les intempéries a pesé au plus mauvais moment sur les commerçants et les distributeurs, en pleine période d'achats de Noël cruciale pour leur activité, et le secteur mise sur la dernière semaine de l'année pour se rattraper.

Noël, "c'est le rendez-vous annuel de la grande distribution, celui qu'il ne faut pas rater", souligne Thierry Desouches, porte-parole de Système U.

Pour beaucoup de commerçants, le chiffre d'affaires de décembre compte double. Or les chutes de neige à répétition ont compliqué voire empêché l'accès de clients qui devaient faire leurs courses de Noël, notamment dans des centres commerciaux non desservis par les transports en commun.

Les intempéries ont également désorganisé les livraisons de marchandises, compte tenu des interdictions de circulation des poids lourds.

"La performance de la distribution moderne repose dans une grande partie sur la logistique, avec des flux tendus. Dès qu'il y a le moindre incident, toute la belle mécanique est remise en cause, et il faut s'adapter", explique M. Desouches.

Le week-end des 18 et 19 décembre aurait dû marquer le pic des achats de Noël, avec de nombreux magasins ouverts dimanche, mais la neige a réduit les déplacements. Lundi, les commerçants comptaient encore sur cette semaine pour compenser.

"On n'a pas pu tout rattraper parce que les intempéries ont continué", a indiqué Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC).

"Même si les clients peuvent venir, les magasins ne sont pas approvisionnés correctement", a-t-il précisé, tout en estimant que "les performances globales de l'année resteront positives".

"Pour l'instant, la fin d'année devrait être en équilibre", mais elle est difficile à gérer, tempère Gérard Atlan, président du Conseil du commerce de France, évoquant notamment des tailles manquantes dans des enseignes d'habillement.

"Il y a effectivement un frein de l'activité", selon Franck Mathais, porte-parole de l'enseigne de jouets La Grande Récré.

La semaine prochaine déterminera si le chiffre d'affaires de décembre est finalement stable par rapport à l'année dernière, ou en baisse de 1 à 2%, "ce qui nous amènera à une année correcte, sans plus, alors qu'on s'attendait à faire une bonne année", a-t-il expliqué.

Côté parfums, les ventes ne devraient pas baisser par rapport à 2009 et devraient concerner 7 millions de produits pour 330 millions d'euros lors de la dernière quinzaine de décembre, selon Bernard Tessier, délégué général de la Fédération de la parfumerie sélective.

Dans la grande distribution alimentaire, "pour l'instant, c'est un peu difficile", concède Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (VSD).

Les résultats jusqu'à jeudi, ont été "un peu moins bons" qu'escompté, mais les distributeurs comptaient encore sur vendredi, la veille de Noël étant traditionnellement une grosse journée pour les achats alimentaires (chapon, foie gras, huîtres, saumon...), et sur les préparatifs pour le Nouvel An.

"C'est vraiment en fin d'année qu'on verra si le résultat est décevant ou pas", ajoute M. Bédier.

"Pour l'instant, il n'y a pas péril en la demeure", renchérit M. Desouches, soulignant que lorsque la circulation est difficile, les consommateurs privilégient les enseignes de proximité.

Carrefour s'est adapté en élargissant les horaires de 70% de ses hypermarchés jeudi soir et vendredi matin, avec campagne publicitaire et plan promotionnel à l'appui.

Au coeur de Paris, les Galeries Lafayette Haussmann, outre leur clientèle habituelle, ont attiré "beaucoup de gens qui ne pouvaient pas aller dans les centres commerciaux, bloqués", selon une porte-parole.