La Bourse de Londres va finir l'année en beauté, mais sans euphorie

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La Bourse de Londres s'apprête à finir l'année en beauté, après avoir franchi le seuil des 6.000 points pour la première fois en 30 mois, mais les analystes mettent déjà en garde contre un optimisme démesuré pour 2011.

Sur la semaine écoulée, l'indice Footsie-100 des principales valeurs de la place a gagné 2,34% pour finir à 6.008,92 points ; il n'avait pas dépassé le seuil des 6.000 points depuis juin 2008 et le début de la crise financière.

Les analystes relativisaient toutefois la performance en soulignant qu'elle était intervenue dans un marché particulièrement calme à l'approche de la pause de Noël. Celle-ci se poursuivra une bonne partie de la semaine prochaine, avec des marchés fermés lundi et mardi et une séance écourtée le 31 décembre.

Depuis le début de l'année, la Bourse de Londres a bondi de 11,21%, entraînée en particulier par les valeurs minières qui pèsent environ un cinquième de l'indice vedette et ont profité à plein de la hausse des prix des matières premières liée à la vigueur économique de l'Asie, Chine en tête.

Les valeurs plus spécifiquement britanniques, comme les banques, ont en revanche souffert, atteintes par la crise de la dette dans la zone euro, notamment en Irlande où le Royaume-Uni a de gros intérêts économiques.

Selon les experts, la Bourse de Londres pourrait profiter en 2011 d'un regain d'appétit des investisseurs pour les marchés actions et les fusions-acquisitons, reflétant leur méfiance accrue sur les obligations d'Etat. Mais les nuages qui s'accumulent sur l'économie britannique, comme sur celles de ses voisins européens, les incitent à beaucoup de prudence.

"Les investisseurs pourraient être amenés à se souvenir que, cinq ans après avoir franchi pour la première fois le seuil des 6.000 points, le Footsie était descendu jusqu'à 3.277 points", écrivait vendredi le Financial Times.

"Profitez de la fête pendant qu'elle dure, mais préparez le casque de protection pour une année 2011 chaotique", titrait pour sa part un éditorial du Daily Telegraph.

"Même l'histoire d'une croissance explosive en provenance de Chine devra être réécrite en 2011, alors qu'un régime interventionniste à Pékin agit pour limiter l'inflation et faire retomber une bulle immobilière sans provoquer d'accident", ajoutait le journal.