L'ONU reconnaît officiellement Alassane Ouattara comme président de la Côte d'Ivoire

MONDE L'Assemblée générale a pris une décision à l'unanimité...

E.M. avec Reuters

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Alassane Ouattara, donné vainqueur de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le 29 octobre 2010 à Abidjian.
Alassane Ouattara, donné vainqueur de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le 29 octobre 2010 à Abidjian. — REUTERS/Luc Gnago

Trois semaines après les élections présidentielles en Côte d’Ivoire, la crise politique continue. Mais les pressions internationales s’accentuent sur Laurent Gbagbo.
 
Après l’UE, les Etats-Unis, l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) et le Conseil de sécurité des Nations unies, l'Assemblée générale de l’ONU a officiellement reconnu jeudi Alassane Ouattara comme le président légitime du pays.

Unanimité

Selon la décision prise à l’unanimité par les 192 Etats membres, les diplomates figurant sur la liste présentée par Alassane Ouattara sont les seuls représentants officiels de la Côte d'Ivoire à l'ONU. Youssouf Bamba est ainsi le nouvel ambassadeur ivoirien auprès de l'organisation internationale.
 
Cette approbation de l'ONU renforce la position diplomatique de l'ancien Premier ministre ivoirien, déclaré vainqueur du second tour de la présidentielle par la Commission électorale indépendante (CEI).

Départ de New York

Selon des diplomates, cette décision devrait aussi isoler un peu plus Laurent Gbagbo, bien décidé à se maintenir à la tête de l'Etat envers et contre tous.
 
L'ancien ambassadeur ivoirien, Alcide Djédjé, a déjà quitté le siège de l’NU à New York avec la totalité de son personnel, ont indiqué des diplomates occidentaux. Ces derniers ont précisé qu'il avait emporté avec lui les disques durs des ordinateurs de la mission diplomatique.

173 morts

Sur le terrain, les troupes de l'Onuci, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire, ont exprimé leurs craintes concernant de «graves violations des droits de l'homme et des actes de discrimination».
 
Dans un communiqué, elle précise que «certaines maisons sont marquées avec des signes distinctifs» et que la nuit «des individus armés pénètrent dans ces maisons, procédant à des enlèvements et commettant d'autres crimes».
 
Depuis le 28 novembre dernier, la crise politique qui déchire le pays a déjà fait 173 morts. Et fait craindre une nouvelle  guerre civile comme celle de 2002-2003.