Bertrand: revenir sur les 35 heures, c'est «niet»

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Le ministre du Travail Xavier Bertrand dit «niet» à toute réforme qui conduirait les salariés à «travailler davantage, en étant payés autant ou moins», estimant que revenir sur les 35 heures «est impensable en termes de pouvoir d'achat».

«Pour revenir davantage sur les 35 heures, il n'y a que deux options», affirme le ministre dans une interview à La Croix à paraître mardi, alors que son successeur à la tête de l'UMP, Jean-François Copé, vient de lancer une réflexion sur ce sujet.

«Soit vous revenez sur la durée légale et sur les majorations accordées en cas d'heures supplémentaires, c'est-à-dire que vous demandez aux salariés de travailler davantage en étant payés autant ou moins. Et là je dis "niet". En termes de pouvoir d'achat, c'est impensable», affirme le ministre.

22 milliards d'allègement de charges

«Soit ça veut dire revenir sur les allègements de charges accordés aux entreprises», or «si on revenait sur ces allègements, on porterait un coup à la compétitivité des entreprises. Ce n'est pas le moment en période de sortie de crise», ajoute-t-il.

M. Bertrand rappelle que depuis 2004 «les 22 milliards d'allègements de charges» sont «liés au niveau de rémunération uniquement», et non à une «contrepartie» liée aux 35 heures.

«La question qui peut se poser aujourd'hui, c'est celle du coût du travail» et le différentiel avec l'Allemagne, mais «ce sujet dépasse la seule question des 35 heures», estime le ministre qui entame une réflexion sur la question avec Eric Besson (chargé de l'industrie).

Selon lui, «depuis la mise en oeuvre des 35 heures par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, beaucoup de choses ont changé», en particulier avec la loi du 20 août 2008 d'assouplissement du temps de travail, «pour sortir du carcan des 35 heures obligatoires».

M. Bertrand souligne qu'il prendra «toute sa place» dans la réflexion que va lancer M. Copé sur les 35 heures. Elle doit être conduite par deux libéraux, le député Hervé Novelli et le président du groupe UMP au Sénat Gérard Longuet. Ce dernier avait estimé qu'il fallait «sortir de l'euro ou des 35 heures» car «on ne peut pas avoir les deux».