Automobile: le Brésil a le pied sur l'accélérateur

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Le marché automobile brésilien termine l'année 2010 le pied sur l'accélérateur: dépassant l'Allemagne, il est passé à la quatrième place mondiale avec un fort potentiel de croissance qui attire les investissements étrangers.

Cette année, les ventes de nouveaux véhicules atteindront 3,5 millions, en hausse de 9,8% par rapport à 2009, selon les dernières estimations de l'Association des fabricants de voitures (Anfavea) du Brésil.

Avec ce résultat, le géant brésilien détrône l'Allemagne et arrive à la quatrième place, juste derrière la Chine, le Japon et les Etats-Unis, a indiqué l'Anfavea à l'AFP. Il y a cinq ans, le Brésil n'était qu'à la dixième place.

"Le Brésil a l'attrait d'un marché en plein boom, avec une densité de véhicules faible par habitant", soit une voiture pour six habitants, a déclaré à l'AFP Cledorvino Belini, président de l'Anfavea.

La flotte automobile brésilienne est d'un peu plus de 30 millions de véhicules dans un pays de 190 millions d'habitants, ce qui lui laisse un fort potentiel de croissance, alors que les marchés américain et européen sont pratiquement saturés.

Le Brésil "est un marché qui doit continuer à progresser au cours des prochaines années", a souligné Cledorvino Belini qui est également président de la filiale brésilienne du constructeur italien Fiat.

Cette semaine, Fiat a annoncé l'installation d'une seconde usine au Brésil, dans l'Etat de Pernambouc (nord-est) dans laquelle seront dépensés 1,7 milliard de dollars dans le cadre d'un plan d'investissements dans le pays de 5,9 milliards de dollars de 2011 à 2014.

Fiat est déjà le leader du marché automobile brésilien avec 23,17% des ventes de voitures, suivi de l'allemand Volkswagen (22,73%) et de l'américain General Motors (21,8%), d'après les données de la Fédération nationale des distributeurs de véhicules automobiles (Fenabrave).

Les constructeurs français, arrivés plus tardivement au Brésil, détiennent des parts de marché encore modestes: 5,79% pour Renault, 3,11% pour Peugeot et 2,95% pour Citroën.

"Nous disposons d'une main d'oeuvre compétente et nous avons toutes les matières premières pour fabriquer notre produit", a ajouté M. Belini.

Ces conditions favorables s'ajoutent, selon lui, à une "bonne" situation économique, avec une inflation sous contrôle et un accès facile au crédit pour les consommateurs.

Le Brésil est le sixième producteur mondial de voitures avec la fabrication de 3,64 millions de véhicules en 2010, de dix-sept marques différentes, soit une hausse de 14% par rapport à 2009, a précisé M. Belini.

Selon lui, les constructeurs sud-coréen Hyundai et chinois Chery seront les prochains à s'installer dans le pays sud-américain.

Outre la croissance de son marché interne, "le Brésil est un pôle de production et de développement pour l'Amérique latine", a affirmé M. Belini. L'Argentine est de loin le premier client du Brésil et absorbe 60% de ses exportations.

Le président d'Anfavea a toutefois reconnu une ombre à ce tableau: la valorisation de la devise brésilienne, le real, face au dollar qui porte préjudice aux exportations. "Nous avons du mal à concurrencer les marchés étrangers et d'autre part, les importations progressent", a-t-il souligné.

Cependant, le pays a réussi à relancer ses exportations et devrait terminer l'année avec la vente à l'étranger de 780.000 véhicules, soit une hausse de 64% par rapport à 2009.