La France a battu mardi son record de consommation d'électricité

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La France a battu peu avant 19H00 mardi soir son record de consommation d'électricité, en raison de la vague de froid intense qui frappe le pays, selon les données du Réseau de transport d'Electricité (RTE) publiées sur son site internet.

La consommation française d'électricité a atteint un pic de 94.200 mégawatts (MW) mardi à 18H55, selon RTE. Elle est ensuite rapidement retombée, s'établissant à 93.584 MW à 19H15.

Le dernier record historique de consommation d'électricité (93.080 MW) date du 11 février 2010.

Pour la journée de mercredi, RTE prévoit de nouveau une consommation très élevée de 93.700 MGW à 19 heures, en-deçà toutefois du record de mardi malgré une nouvelle perturbation annoncée par Météo France.

Après une journée très froide mardi, des températures très souvent négatives, et des vents de force 7 à 9 en Bretagne, Metéo France annonce en effet qu'une nouvelle perturbation arrivera mercredi à l'aube par les côtes de Manche et la mer du Nord.

La nuit est annoncée glaciale dans le nord du pays, amenant dans son sillage quelques flocons de neige et de la pluie. Le froid persistera, selon les prévisions de Météo France.

En hiver, une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation de la consommation d’électricité d’environ 2.300 MW, soit le double de la consommation de la ville de Marseille.

La consommation d'électricité est très liée au froid, en raison du fort équipement des Français en chauffages électriques.

La consommation d'électricité atteint ses plus hauts niveaux le soir en hiver, quand les Français rentrent chez eux et allument simultanément chauffages électriques et autres appareils ménagers.

Face à cette demande d'électricité, la France a importé, aux heures de grande consommation, un solde net de 4.000 mégawatts d'électricité mardi pour satisfaire sa consommation intérieure, a annoncé RTE.

C'est nettement moins que la capacité maximale d'importation du réseau d'électricité qui est de l’ordre de 8.000 MW.

Cinquante-deux réacteurs sur les 58 que compte le parc nucléaire français (80% de la production d''électricité) étaient en service mardi, a dit à l'AFP une porte-parole d'EDF.

Dans un communiqué, le ministre de l'Energie, Eric Besson, a déclaré qu'il fallait "accroître la mobilisation de notre outil de production électrique".

La Bretagne, qui ne produit que 8% de l'électricité qu'elle consomme, n'a pas connu de black-out mais, comme c'était le cas mardi, elle est maintenue en alerte orange par RTE mercredi. Les consommateurs sont invités à modérer leur consommation d'électricité particulièrement entre 18h et 20h.

Le site EcoWatt Bretagne se mobilise en appelant les Bretons à "modérer" leur consommation d'électricité et les aide en leur donnant des conseils pour adopter "les bons gestes énergie, éclairage, chauffage, appareils électriques" sur son site internet (http://www.ecowatt-bretagne.fr).

Pour éviter le black-out, la région a conclu mardi avec l'Etat un "pacte électrique" pour limiter sa hausse de demande d'électricité, sécuriser son réseau et développer les énergies renouvelables.

"La Bretagne est exposée chaque hiver à un risque de coupure généralisée en cas de vague de froid", a rappelé M. Besson.

Le "pacte électrique breton" prévoit de diviser par deux la croissance de la consommation bretonne d'électricité d'ici 2015, la portant de 2,6% par an (deux fois plus que la moyenne nationale) à moins de 1,4%.

La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, l'autre région fragile en matière de réseau de transport d'électricité, n'a pas connu d'alerte cette fois-ci. De source RTE, on précise que c'est le résultat des investissements (85 millions d'euros), réalisés pour mieux sécuriser le réseau.