Économie

Airbus se montre très optimiste pour l'avenir du marché aéronautique

Airbus se montre encore un peu plus optimiste sur le marché aérien ...

Airbus se montre encore un peu plus optimiste sur le marché aérien pour les 20 ans à venir, tablant sur le dynamisme de l'Asie pour soutenir la demande, et compte se partager le gâteau avec Boeing de longues années encore en dépit des ambitions de nouveaux concurrents.

L'avionneur européen a légèrement revu à la hausse lundi ses prévisions pour le marché mondial à se partager avec Boeing, qu'il évalue à 3.200 milliards de dollars d'ici 2029.

Les compagnies aériennes devraient prendre livraison de près de 25.850 nouveaux appareils, passagers et cargos, entre 2010 et 2029, selon ses dernières prévisions mondiales de marché concernant les avions de ligne de 100 places et plus.

C'est près de 900 avions passagers de plus que la prévision établie l'an dernier sur le marché entre 2009 et 2028.

Le constructeur américain Boeing, aujourd'hui seul concurrent d'Airbus pour les avions de ligne de cette catégorie, table pour sa part sur un marché de 30.900 appareils (incluant des avions régionaux) pour 3.590 milliards de dollars d'ici 2029.

"La reprise est plus forte que prévu", juge le directeur commercial d'Airbus John Leahy.

L'avionneur pense surtout que la demande sera tirée à l'avenir par le besoin en nouveaux avions plus économes en carburant, ainsi que par la croissance sur les marchés émergents et l'essor des transporteurs à bas coût, en particulier en Asie.

La Chine et l'Inde comptent une population considérable et "une classe moyenne en croissance" consommatrice de voyages aériens, a souligné John Leahy lors d'une conférence de presse au siège du constructeur à Toulouse.

Le développement de villes géantes et de plate-formes de correspondance ("hubs") en Asie doit aussi favoriser l'intérêt pour l'A380, espère-t-il.

Airbus évalue ainsi le marché des très gros porteurs, comme l'A380 ou le Boeing 747, à 1.740 appareils d'ici 20 ans.

L'avionneur ne voit pas, "jusqu'à présent", de conséquences négatives en termes de réputation pour son avion géant après l'incident sur un A380 de la compagnie australienne Qantas début novembre.

"Les gens semblent comprendre que c'est un problème avec les moteurs" du britannique Rolls-Royce, et pas l'avion lui-même, avance le commercial en chef d'Airbus.

Ce sont les moyen-courriers comme l'Airbus A320 ou le Boeing 737 qui vont continuer à représenter la plus grande part de la demande, estimée à environ 17.900 appareils par Airbus pour les deux prochaines décennies.

L'avionneur pense ainsi avoir pris la bonne décision en lançant d'ici 2016 une version re-motorisée de son A320, promettant des économies de carburant de 15%.

Cette nouvelle version du best-seller d'Airbus doit en particulier contrer les ambitions de nouveaux concurrents, comme les futurs CSeries du canadien Bombardier ou le C919 chinois.

Airbus pense que le duopole avec Boeing a encore de beaux jours devant lui.

D'ici 2029, "à la fin de cette période de 20 ans, nous verrons de nouveaux venus, probablement en Chine et peut-être dans d'autres pays", reconnaît John Leahy, qui ne voit toutefois pas la concurrence arriver prochainement.

"Il faut du temps dans ce métier pour se construire une réputation, établir une ligne de production, montrer que vos avions sont fiables et que vous pouvez les entretenir. Je pense que les Chinois, les Russes et les Canadiens vont devoir en passer par les mêmes étapes", déclare à l'AFP le directeur commercial.

Airbus, qui fête ses 40 ans en cette fin d'année, ne s'est pas fait du jour au lendemain, tiennent ainsi à souligner ses dirigeants.