USA: déficit budgétaire record pour un mois de novembre

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Le déficit budgétaire des Etats-Unis a augmenté bien plus que prévu en novembre, pour dépasser 150 milliards de dollars et atteindre ainsi un record pour ce mois de l'année, a annoncé le Trésor américain vendredi à Washington.

Le budget de l'Etat fédéral a affiché un déficit pour le 26e mois d'affilée et celui-ci s'est établi à 150,39 milliards de dollars, soit 25% de plus qu'en novembre 2009, selon les chiffres mensuels du Trésor sur les comptes publics.

Les analystes attendaient une hausse moins forte du déficit, à 134,0 milliards de dollars, selon leurs prévisions médianes.

Les recettes de l'Etat ont augmenté de 12%, pour atteindre 148,96 milliards de dollars, et les dépenses de 18%, pour se monter à 299,35 milliards.

Selon un responsable au Trésor, la hausse des dépenses a été gonflée par un effet de jour ouvré. Sans lui, la hausse des dépenses n'aurait été que de 7%, et celle du déficit de 2%, a-t-il indiqué.

Novembre est traditionnellement un mois de déficit.

En données cumulées sur les deux premiers mois de l'année budgétaire (entamée le 1er octobre), le déficit a reculé de 2% sur un an pour atteindre 290,83 milliards de dollars.

Sur l'exercice 2009-2010, il a atteint 1.294 milliards de dollars, soit environ 8,9% du PIB.

Pour l'exercice 2010-2011, le Bureau du budget de la Maison-Blanche (OMB) table sur une remontée du déficit à 1.416 milliards de dollars, ce qui égalerait le record de 2009, selon ses dernières prévisions publiées fin juillet. Le ratio du déficit au PIB remonterait alors à 9,2%.

Malgré le coût d'une telle mesure, la Maison Blanche a annoncé lundi avoir accepté un compromis avec les Républicains sur la question des impôts, incluant une prolongation des cadeaux fiscaux du gouvernement précédent pour tous les contribuables pendant deux ans. En échange, les Républicains ont accepté de financer une prolongation des allocations de chômage.

Dans un entretien radiodiffusé vendredi, le président Barack Obama a parlé de la nécessité de réaliser des "choix difficiles" dans les mois à venir pour tenter de résorber le déficit des Etats-Unis, n'excluant pas des coupes dans les budgets sociaux et militaires.