Trichet appelle l'Espagne à approfondir sa réforme du travail

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Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a appelé vendredi l'Espagne à "approfondir sa réforme du marché du travail" et mener sa réforme des retraites, deux éléments "essentiels pour la prospérité de l'économie".

"Dans tous les pays, les réformes structurelles sont l'essence, non seulement pour consolider la position financière mais aussi pour élever le potentiel de croissance", a estimé M. Trichet, qui s'exprimait à Madrid en clôture d'un séminaire sur les banques centrales en Europe et en Amérique Latine.

"Il est extrêmement important que l'objectif de déficit pour cette année et la suivante soit concrétisé par des mesures", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que ses propos ne concernaient "pas seulement l'Espagne".

L'Espagne s'est engagée à réduire son déficit public à 9,3% du PIB en 2010 (après 11,1% en 2009), puis 6% en 2011 et 3% en 2013.

Mais sa solidité financière et son absence de croissance inquiètent les marchés, qui l'ont appelée à renforcer ses réformes engagées, du marché du travail, des retraites et du système bancaire.

Dans ce domaine, "beaucoup de décisions ont été prises (par le gouvernement espagnol) et sont sur le point d'être pleinement concrétisées", a noté M. Trichet, jugeant "appropriées" les réformes mises en oeuvre.

Pour mettre fin à la crise, "nous faisons tout ce que nous pouvons pour assumer nos responsabilités", a déclaré M. Trichet, rappelant que la responsabilité principale de la BCE est d'"assurer la stabilité des prix dans 16 pays", "et nous attendons de toutes les autorités qu'elles assument leurs responsabilités".

Le gouvernement socialiste espagnol a lancé ces derniers mois deux chantiers: la réforme du marché du travail, pour réduire la dualité entre contrats précaires et contrats fixes relativement bien protégés, et celle de son système bancaire, particulièrement les caisses d'épargne régionales, dont la fragilité a été mise en évidence par la crise.

Ces mesures étaient réclamées par le Fonds monétaire international (FMI), qui plaidait aussi pour une réforme des retraites.

Cette dernière, évoquée depuis des mois par Madrid, était aussi exigée des investisseurs, qui ont mis en doute ces dernières semaines la solidité financière de l'Espagne et sa capacité à rebondir après la crise.

Dans un souci d'apaisement, l'exécutif a annoncé la semaine dernière qu'il approuverait le 28 janvier sa réforme des retraites, avec le recul prévu de l'âge du départ de 65 à 67 ans, et a aussi dévoilé de nouvelles mesures anti-crise.