Un nouveau décret freine encore le développement de l'énergie solaire en France

SOLAIRE Il va geler tout nouveau projet pendant quatre mois...

Thibaut Schepman

— 

Installation de panneaux photovoltaïques.
Installation de panneaux photovoltaïques. — GILE MICHEL/SIPA

2010 aura décidemment été une mauvais année pour le solaire. Victime de son succès, la filière a été freinée toute l’année pour éviter qu’une bulle ne se forme. Mais le nouveau décret publié apparaît être celui qui va «sonner le glas» de la filière, comme l’indique la Tribune. Le décret prévoit en effet «le gel de tout nouveau projet photovoltaïque pour quatre mois à partir de la date du 2 décembre», soit «le temps de repenser le soutien financier public de la filière».

Les entreprises qui ont commencé à payer pour être raccordée au réseau ne sont pas concernées. Mais La Tribune révèle que de nombreuses PME «ont longtemps attendu, voire attendent encore, les propositions financières des réseaux (ERDF et RTE) préalables à leur raccordement ». Ainsi, des entreprises qui avaient fait leur demande auprès d'ERDF en août n'avaient toujours pas de réponses le 2 décembre. Elles vont voir leur projet gelé par le moratoire, et les fonds injectés jusque là seront perdus pour au moins quatre mois.

>>>Quelles sont les conséquences de ce décret pour les PME du solaire? Les explications de 20minutes.fr...

«Nous sommes fragilisés»

Interrogé par La Tribune, Jean-Philippe léger, le dirigeant de la PME Osiris dénonce:«En attendant, nous avons engagé des travaux sur nos fonds propres pour nous raccorder au réseau. Nous sommes fragilisés».

Le but de ce décret est notamment d’éviter d’alourdir la facture d’EDF, qui a l’obligation d’acheter de l’électricité photovoltaïque à des prix avantageux pour les producteurs. D’ailleurs Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, du Développement durable, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et d'Eric Besson, ministre chargé de l'Energie ont également annoncé un décret suspendant pendant 3 mois l'obligation pour EDF et les distributeurs non nationalisés de conclure un contrat d'achat de l'électricité photovoltaïque aux conditions tarifaires actuellement applicables. «Par ailleurs, constituer un parc trop tôt dans une situation où l’on importe énormément de panneaux photovoltaïques, creuse le déficit commercial de la France de l’ordre de 800 millions d’euros», expliquait Alexandre Siné, qui a travaillé pour le rapport Charpin sur le photovoltaïque, interrogé par 20minutes.fr.

Une première réunion du groupe de réflexion sur l’avenir du secteur est prévue le 20 décembre prochain.