Bangalore, l’envers du décor

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L’enfer s’est abattu sur le paradis indien des délocalisations. Depuis mardi, les sept millions d’habitants de Bangalore, la Silicon Valley du sud de l’Inde, vivent dans la crainte des trombes d’eau qui ont emporté une dizaine de personnes et une centaine de maisons. Elles ont aussi paralysé une partie des 1 500 entreprises high-tech (dont un tiers à capitaux étrangers), installées là depuis une quinzaine d’années. Et fait monter d’un cran la colère des mastodontes locaux ou internationaux comme Hewlett Packard, qui réclament la modernisation des infrastructures. Embouteillages monstres, routes défoncées, coupures d’eau et d’électricité, voici le revers de la médaille pour les entreprises qui viennent chercher à Bangalore des jeunes ingénieurs payés 300 e par mois et des exonérations fiscales. Cette ville-champignon, cinq fois la taille de Paris, a doublé sa population en dix ans et grandi de manière anarchique. Les lacs de retenues d’eau ont ainsi été bétonnés, favorisant les inondations. « Cela constituera bientôt un frein au développement. D’autant que dans dix ans, les coûts seront les mêmes qu’ailleurs », prédit un chef d’entreprise français, inquiet de l’inflation – 7 % par an – et de la flambée de l’immobilier. Mais pour l’heure, les indicateurs économiques restent au beau fixe. Il se crée toujours quatre sociétés high-tech par semaine. Et les exportations de services informatiques ont fait un bond de 60 % depuis 2003. A Bangalore, Frédéric Crouzet