Les entreprises françaises aiment aussi les paradis fiscaux

PARADIS FISCAUX Les banques continuent d'être très bien représentée...

Elsa Meyer

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Les îles Caïmans aux Antilles.
Les îles Caïmans aux Antilles. — CAVALLI/SIPA

Nicolas Sarkozy en avait fait l’un de ses priorités durant la crise. Mais les entreprises françaises continuent de domicilier une partie de leurs activités dans les paradis fiscaux, selon un rapport  publié mardi par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

>> Les paradis fiscaux, toujours au cœur de l’économie mondiale, lire le décryptage de 20minutes.fr

50 premières entreprises européennes

 Le CCFD a étudié les rapports des 50 premières entreprises européennes.  Et toutes ont une partie des leurs filiales implantées dans des paradis fiscaux.

Les sociétés hexagonales n’échappent pas à la règle. Plus de 20% des filiales d’Axa à l’étranger se trouvent ainsi dans des paradis fiscaux selon le rapport. Ce chiffre descend à quasiment 17% pour GDF Suez,  17 ,5% pour EDF, 16% pour Carrefour et France Telecom , 13,6% pour Saint Gobain et un peu moins de 10% pour Peugeot.

Banques françaises

Les banques françaises sont particulièrement bien représentées. Sur ses 1.417 filiales hors des frontières, BNP Paribas en possède 347 (24,4%) dans des paradis fiscaux. Cette part atteint 17,9% pour Crédit agricole et 15,4% pour la Société Générale.

Les banques s’étaient pourtant engagées à fermer leurs succursales dans ces territoires, en raison de la loi de juin 2009 qui les oblige à publier leurs implantations dans les paradis fiscaux. Mais la liste retenue  par le gouvernement «ne comprend en 2010 que 18 territoires représentant à peine 0,2 % de la finance offshore mondiale», critique le rapport.

Le CCFD dénonce ainsi des critères trop retreints pour rendre compte de l’importance des paradis fiscaux dans la stratégie financière des groupes français. Car l’association dénombre de son côté soixante Etats assimilables à des paradis fiscaux.

Transparence accrue

Pour lutter contre le phénomène, le CCFD milite pour que les entreprises soient obligées de publier leur implantation dans ces territoires, pays par pays, filiale par filiale.

C’est encore loin d’être le cas: avec le britannique Lloyds et l’allemand Bosch, Total fait ainsi partie des trois entreprises en Europe à ne laisser filtrer aucune information sur ses succursales paradisiaques.