Les femmes s'épanouissent moins au travail que les hommes

TRAVAIL Une enquête du ministère du Travail le révèle...

Thibaut Schepman

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Une employée dans un magasin d'ameublement à Londres le 15 octobre 201.
Une employée dans un magasin d'ameublement à Londres le 15 octobre 201. — T. MELVILLE / REUTERS

Moins autonomes, dotées de moins de responsabilités et plus souvent débordées, les femmes sont moins bien loties que les hommes au travail. C’est la conclusion d’une enquête de la Dares,  l’institut d’études et de statistiques du ministère du Travail. 

Moins de responsabilités

«Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, qualifiés ou non, les hommes ont plus souvent des postes de responsabilité hiérarchique», explique l’étude de la Dares. C’est dans ce domaine que la différence entre hommes et femmes est la plus criante. 35% des hommes ont une responsabilité hiérarchique, contre seulement 19% des femmes.  Et la différence vaut aussi pour les cadres. 62% des hommes cadres encadrent d’autres salariés, contre seulement 49% pour leurs alter-ego féminines. La Dares explique en partie ces différences par le fait qu’hommes et femmes n’occupent pas les mêmes métiers, et que les organisations du travail différent beaucoup entre les professions.

Mais des inégalités demeurent dans les rapports hiérarchique. Ainsi, les hommes tutoient plus souvent leur chef (73%) que ne le font les femmes (51%), nous apprend la Dares. Et les hommes tutoient leur chef sans tenir compte de son sexe, alors que les femmes tutoient beaucoup moins souvent leur chef si c’est un homme.

Travail moins enrichissant…

Seules 41% des femmes estiment réaliser «des tâches très différentes les unes des autres» tous les jours, contre 46% des hommes. Elles sont également moins nombreuses (68%) à déclarer que «leur travail leur permet d’apprendre des choses nouvelles», contre 75% des hommes.

…Et moins autonome

De même, elles sont moins à estimer avoir des tâches précises et formalisées ou encore à avoir des «objectifs précis», et leur travail est moins encadré. Mais cette moins grande formalisation n’est pas signe d’une plus grande liberté. Lorsqu’elles déclarent recevoir des ordres ou suivre des consignes dans le cadre du travail, les femmes disent beaucoup plus souvent que les hommes «appliquer strictement les ordres ou les consignes» (64 % contre 50 %). La Dares avance une explication: «C’est sans doute parce que les femmes occupent moins souvent des emplois dans des organisations innovantes».

Plus débordées

La pression temporelle est plus forte pour les femmes: 32 % d’entre elles déclarent rencontrer au moins une fois par semaine «dans leur travail des moments où (elles ont) l’impression de ne pas pouvoir faire face ou d’être débordées » contre 26 % des hommes. Cela peut sembler paradoxal, alors qu’elles sont moins nombreuses à avoir des responsabilités et qu’elles ont plus de temps partiels. Mais l’explication vient de leur situation familiale. Les femmes ayant un enfant de moins de douze ans se sentent beaucoup plus souvent débordées, alors que la situation familiale des hommes n’influe que peu sur ce sentiment.

Et vous? Comment vivez-vous la répartition des tâches entre hommes et femmes dans votre travail? Dites-le nous dans vos commentaires ci-dessous...