La BCE poursuit ses mesures d’aides contre la crise

EUROPE Son président Jean-Claude Trichet l'a annoncé jeudi...

Thibaut Schepman

— 

Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale européenne (BCE) lors d'une conférence de presse à Francfort (Allemagne) le 2 décembre 2010
Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale européenne (BCE) lors d'une conférence de presse à Francfort (Allemagne) le 2 décembre 2010 — AFP PHOTO / ARNE DEDERT

La Banque centrale européenne (BCE) va continuer à prêter aux Etats qui peinent à se financer sur les marchés, comme elle l’a fait pour la Grèce et l’Irlande depuis plusieurs mois. C’est ce qu’a annoncé Jean-Claude Trichet jeudi, à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs.

L’institution basée à Francfort ne laissera donc pas tomber les Etats en difficulté. Pour autant, elle ne leur accorde pas de blanc-seing, alors que les rumeurs annonçaient depuis plusieurs jours une accélération des dispositifs et un rachat massif de dettes publiques par la BCE. L’institution n’a finalement fixé aucun montant ni aucun délai pour ces rachats.

La BCE réagit ainsi à la crise qui touche actuellement la zone euro, mais ne cède à la panique des marchés, qui semble aux yeux de la plupart des économistes largement disproportionnée

>>> Que pensent les économistes de la panique des marchés au sujet de la zone euro? La réponse à lire ici… 

Jean-Claude Trichet a également rappelé que ces rachats ne correspondaient pas à un «assouplissement quantitatif». Traduction: contrairement aux Etats-Unis , l’Europe ne fera pas tourner la planche à billet pour réaliser ces prêts. Ainsi, les 67 milliards de prêts aux Etats sous formes de dettes publiques depuis le début de la crise ont était réalisés avec de l’argent déjà émis sur le marché. Et les prochaines sommes prêtées le seront également.

Soutien aux banques maintenu

Les mesures d’aide exceptionnelles aux banques vont également être maintenues. La banque centrale va en fait continuer à prêter sans limite et à taux fixe aux banques qui le souhaitent, et ce jusqu’à avril prochain.

«Sur la base de son habituelle analyse économique et monétaire, le conseil des gouverneurs a confirmé que les taux d'intérêt actuels de la BCE sont à un niveau approprié», a enfin précisé Jean-Claude Trichet. Cette dernière décision était elle plus attendue. En gardant son taux directeur inchangé à 1% - son plus bas historique- elle va donc continuer à injecter de l’argent à bas coût, afin de tenter de relancer l’économie.