Crise de la dette: où en est la zone euro?

EUROPE Tour d'horizon des pays en difficulté...

Thibaut Schepman

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L'OCDE a confirmé jeudi le ralentissement prévu l'an prochain de la reprise des pays riches, repoussant à 2012 le vrai rebond, et a appelé à une coordination renforcée pour réduire la dette et les déséquilibres mondiaux, qui font toujours planer des risques sur la croissance.
L'OCDE a confirmé jeudi le ralentissement prévu l'an prochain de la reprise des pays riches, repoussant à 2012 le vrai rebond, et a appelé à une coordination renforcée pour réduire la dette et les déséquilibres mondiaux, qui font toujours planer des risques sur la croissance. — Daniel Roland AFP/Archives

L’aide à l’Irlande n’a pas suffit à rassurer les marchés. Craignant une faillite, ils ne prêtent plus qu’à des taux d’intérêts très élevés –jusqu’à plus de 10%- à la plupart des Etats européens. Ces craintes sont-elles fondées? Pour quels pays? Les réponses pays par pays.

L’Irlande, toujours malade de ses banques

«L’Irlande a encore beaucoup de choses à faire», analyse Céline Antonin, économiste à l’OFCE. Les banques du pays, dont le gouvernement s’est porté garant, sont encore d’une taille «disproportionnée» et possèdent des actifs pourris.  Seul point positif malgré ces énormes problèmes bancaires, le pays a une structure économique très saine, comme l’expliquait Benjamin Carton, économiste au Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) interrogée par 20minutes.fr. L’activité pourrait donc reprendre, si le pays parvient à résoudre sa crise bancaire. Et si le très lourd plan d’austérité ne menace pas la croissance.

La Grèce, encore enlisée

Contrairement à l’Irlande, l’économie grecque est encore structurellement en grande difficulté. Céline Antonin cite notamment un «chômage élevé», «une faible compétitivité», et un «fort taux d’endettement des ménages». Le pays doit donc encore compter sur l’aide de l’Europe, et va probablement devoir lui demander de nouveaux prêts. «Des mesures plus audacieuses seront probablement requises, au-delà des mesures d’austérité récentes, pour assurer la soutenabilité de la dette», résume dans une note Frederik Ducrozet, analyste au Crédit Agricole SA.

Le Portugal veut éviter l’effet boule de neige

Problème, le Portugal a, dans une moindre mesure, une structure économique semblable à celle de la Grèce. Il risque donc «l’effet boule de neige». Celui-ci se déclenche lorsque la dette devient trop importante, au point d’égaler le montant du PIB. Dès lors, le remboursement de cette dette coûte une bonne partie de la richesse crée, et l’Etat est contraint de s’endetter encore plus pour ses dépenses courantes. La boucle et bouclée, l’Etat ne peut plus payer. La Grèce et l’Irlande ont dû demandé l’aide européenne et recevoir de l’argent prêté à prix raisonnable pour éviter une telle situation. Selon une enquête réalisée la semaine dernière par Reuters, 37 économistes sur les 50 interrogés estiment que Lisbonne va emboîter à ces deux pays.

Pour éviter un tel scénario, le gouvernement a mis en place un plan de grande austérité. Les Portugais, largement mis à contribution, l’ont mal accepté. Mais il pourrait suffire : «Le Portugal et l'Espagne ne devraient pas avoir besoin de recourir au mécanisme de sauvetage européen», estimait mercredi le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle.