Photovoltaïque: pourquoi le gouvernement veut-il baisser les tarifs de rachat par EDF?

ENERGIE Revendre son électricité pourrait être moins rentable pour les particuliers...

Elsa Meyer

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Le conseil général a attribué 11 000 aides aux particuliers s'équipant de panneaux solaires.
Le conseil général a attribué 11 000 aides aux particuliers s'équipant de panneaux solaires. — G. MICHEL / SIPA

Le gouvernement réfléchirait à revoir l’ensemble de la grille tarifaire autour de l’énergie solaire, y compris pour les particuliers, selon le journal Les Echos.

Les tarifs de rachat par EDF pourraient ainsi diminuer. 20minutes.fr revient sur les raisons d’une éventuelle baisse des prix.

Comment revendre son énergie solaire?

Depuis 2002, EDF est obligée de racheter à un tarif préférentiel, garanti sur 20 ans, l'électricité produite par des panneaux solaires installés sur les toits des Français. 

Le kilowattheure (kWh) est ainsi vendu 58 centimes d’euros pour les installations domestiques d’une puissance inférieure à 3 kWc (soit environ 30 m2 de panneaux), contre 31,4 centimes pour les autres. Un tarif très avantageux puisqu’ EDF facture de son côté son kWh d’électricité à 11 centimes environ. Il s’agit donc d’une opération très rentable pour les particuliers.

L’objectif est ainsi d’inciter les ménages à installer des panneaux solaires sur leurs toitures alors que l’investissement coûte cher.

Cette stratégie tarifaire fonctionne-t-elle?

Cette politique tarifaire avantageuse a permis une croissance rapide des panneaux photovoltaïques.

La France est ainsi très en avance sur les objectifs du Grenelle de l’Environnement. Ce dernier prévoit  un parc photovoltaïque de 1.100 mégawattheure (MW) installé fin 2012 et les projets déposés à ce jour représentent déjà plus de 3.000 MW.

Pourquoi alors vouloir diminuer les prix?

La revente d’énergie solaire à EDF est dépassée par son succès et les demandes ont explosé. Conséquence: les files d’attente de dossiers s’allongent et le marché est en surchauffe.

Le gouvernement réfléchirait donc à contenir le volume des nouveaux projets à 500 mégawatts (MW) par an, en allouant des quotas pour chacun des trois acteurs (particuliers, grandes toitures, fermes au sol).

«Si les particuliers dépassent leur quota trimestriel (...), le tarif proposé par EDF serait automatiquement réduit, dans une proportion dépendant de l'ampleur du dépassement. Bercy évoque une baisse de 10% par rapport au tarif actuel comme base de négociation», indiquent Les Echos.