Crise de l'euro: Les pistes pour réformer la gouvernance économique

EUROPE Pour mieux anticiper les crises...

Thibaut Schepman

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Le déficit de la balance des comptes courants en zone euro s'est creusé au mois de septembre, atteignant 13,1 milliards d'euros, selon des chiffres provisoires publiés jeudi par la Banque centrale européenne (BCE).
Le déficit de la balance des comptes courants en zone euro s'est creusé au mois de septembre, atteignant 13,1 milliards d'euros, selon des chiffres provisoires publiés jeudi par la Banque centrale européenne (BCE). — Daniel Roland AFP/Archives

Réformer la gouvernance économique européenne, pour éviter les crises. C’était le menu de la Commission européenne en septembre dernier. Depuis, l’Irlande a demandé l’aide de ses voisins, et le Portugal et l’Espagne sont menacés. Le prochain Conseil européen, les 16 et 17 décembre, va être très chaud. Tour d’horizon des pistes de réforme.

>>>Le point sur les mesures d'urgence envisagées d'ici là, à lire sur 20minutes.fr

Des voyants plus clairs

L’Irlande, l’Espagne, le Royaume-Uni. Ces pays étaient considérés avant la crise comme des bons élèves de l’Europe, car ils respectaient le Pacte de stabilité. Celui-ci impose de limiter ses déficits à 3% du PIB et sa dette à 60% du PIB. Mais il ne préconise rien sur les montants des crédits et dette privés, ou sur d’éventuelles bulles immobilières. Les trois pays connaîssait ces dérives, et s'enfoncent aujourd'hui dans la crise. «Un tableau bord avec davantage de variables est nécessaire, afin que les voyants s’allument à temps en cas de difficulté», indique Agnès Bénassy-Quéré, directrice du CEPII (Centre d’étude de prospective et d’information internationales), interrogée par 20minutes.fr.

Des sanctions immédiates contre les mauvais élèves

«Puisqu’un déséquilibre dans un pays a des conséquences dans les autres, il faut se mettre d’accord en amont de chaque vote de budget national», estime l’économiste, qui qualifie de «tournant historique» cet «abandon partiel de souveraineté nationale». Et si les règles ne sont pas respectées? Le président européen Herman Van Rompuy souhaite que des sanctions automatiques soient instaurées, alors que jusqu’ici il fallait un vote à majorité qualifiée des Etats pour sanctionner un mauvais élève.  

La Commission européenne a adopté en septembre dernier six propositions sur ces deux premiers points. Elles devront être validées et approfondies par le Conseil européen (les 16 et 17 décembre), le Parlement et le Comité économique et social européen.

L’Europe régule les banques nationales

«Puisque l’Europe a aidé les banques irlandaises, elle sera désormais légitime pour statuer sur la régulation bancaire européenne. On peut imaginer à moyen terme un système de régulation des banques commun, qui serait très efficace en terme de prévention», estime Benjamin Carton, économiste au Cepii.

Un impôt européen 

«L’Europe manque de ressources propres estime la directrice du CEPII. «Chaque année le vote du budget est compliqué car chacun rechigne à sortir son chéquier», déplore-t-elle. Elle souhaite qu’un impôt européen soit instauré. «Une partie des impôts nationaux sur les sociétés ou de la TVA pourrait être reversée au budget européen», propose-t-elle. Mais les résistances sont très nombreuses.