TVA: les restaurateurs assurent avoir rendu plus qu'ils n'ont reçu

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Les restaurateurs ont redonné à l'économie plus qu'ils n'ont reçu depuis la baisse de la TVA, selon l'Umih, principale organisation patronale du secteur réunie en congrès à Biarritz, qui récuse les critiques contre le coût de cette mesure très contestée en vigueur depuis 2009.

Pour l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (Umih), le passage de la TVA de 19,6 à 5,5% le 1er juillet 2009 rapporte 2 milliards d'euros par an aux restaurateurs et ces derniers en restituent au moins 2,8 milliards, en baisse de prix, en embauches, en sauvegarde d'emplois et en augmentation de salaires.

Si les autres organisations patronales n'ont pas toujours les mêmes chiffres, elles arrivent à la même conclusion : le secteur a restitué plus qu'il n'a reçu.

La mesure représente un manque à gagner de 3 milliards d'euros pour les caisses de l'Etat. Mais si on déduit des aides (600 millions d'euros) dont bénéficiait le secteur et qui ont été supprimées, ainsi que la part de la baisse de la TVA qui revient par exemple aux stations-service (400 millions), il est revenu 2 milliards d'euros aux restaurateurs.

Pour l'Umih, ces professionnels ont redonné un milliard d'euros en salaires et améliorations sociales, 600 millions d'euros grâce à la création de 29.500 emplois, 600 millions d'euros grâce à la "sauvegarde" de 30.000 emplois et autant avec la baisse des prix.

Soit "2,8 milliards d'euros, sans compter les effets induits", a expliqué Philippe Villalon, patron de la fédération des restaurateurs à l'Umih.

Le coût des accords sociaux, signés en décembre 2009, à savoir un milliard d'euros, n'est pas contesté, tout comme celui des créations d'emplois (29.500) issu des statistiques du ministère du Travail.

En revanche, un récent rapport du sénateur Michel Houel, qui concluait à l'efficacité de la baisse de la TVA, soulignait qu'il était difficile de chiffrer un effet sur la sauvegarde d'emplois.

Quant à la baisse des prix, elle a été jugée par le rapport sénatorial, tout comme l'Umih, proche de ce qui était attendu, c'est-à-dire estimée entre 2,15 et 2,5% alors que l'Etat était en droit d'attendre entre 2,5 et 3%.

Cependant, la mesure reste trop coûteuse aux yeux de la Cour des comptes, mais aussi des parlementaires qui ont déposé mardi un amendement à la loi de finances pour remonter ce taux à 7 voire 10%. Amendements retirés ou rejetés sur pression du gouvernement.

Défenseur de la mesure quand il était député, le nouveau secrétaire d'Etat au Tourisme Frédéric Lefèbvre a fait un tabac jeudi en assurant que la baisse de la TVA "n'était pas un cadeau". "On vous la devait", a-t-il ajouté devant des professionnels conquis.

Il a également promis qu'il appuierait la demande de son prédécesseur de reporter la date d'application de nouvelles normes incendie et d'aligner leur mise en oeuvre sur celle des normes d'accessibilité pour les handicapés, le 1er janvier 2015.

Ce congrès à Biarritz s'est également voulu un tournant dans l'histoire de l'Umih, très mouvementée ces derniers mois. Lors du précédent, une majorité d'élus avait tenté de destituer la présidente de l'époque Christine Pujol, faisant entrer l'organisation dans une année de quasi-paralysie.

Cette dernière n'était pas présente à Biarritz.

Le nouveau président, Roland Héguy, élu en octobre, a lancé un appel au "calme", y compris vis-à-vis du trésorier, Jean-Marc Banquet d'Orx, un proche du Mme Pujol, que certains auraient aimé voir démissionner.

Il reste à son poste, sans être d'accord avec les choix de la nouvelle direction, notamment sur 1,7 million d'euros de travaux au siège de l'Umih à Paris.