Retraites complémentaires: coup d'envoi de la négociation syndicats/patronat

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Les syndicats et le patronat ont lancé ce jeudi au siège du Medef leur négociation sur l'avenir des retraites complémentaires, pour notamment trouver les moyens de garantir l'équilibre de ces régimes en difficulté, en tenant compte de la nouvelle donne créée par la réforme des retraites. Les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) et le patronat gèrent ensemble les retraites complémentaires obligatoires des salariés du privés, au sein de l'Agirc (cadres) et de l'Arrco (ensemble des salariés), des régimes obligatoires fonctionnant par points.

Les pensions versées par ces régimes représentent en moyenne près d'un tiers de la pension des non-cadres et plus de la moitié de celle des cadres. Pour les syndicats, la première urgence de la négociation est de reconduire l'AGFF (Association pour la gestion du fonds de financement de l'Agirc et de l'Arrco), un dispositif qui finance la retraite complémentaire avant 65 ans et qui arrive à échéance le 31 décembre. «Tous les syndicats ont demandé une prolongation jusqu'en juillet 2011», a indiqué Jean-Louis Malys, négociateur de la CFDT, lors d'une suspension de séance.

Au moins 65 ans pour une retraite complète

L'âge minimal pour une retraite complète est resté formellement fixé à 65 ans à l'Agirc-Arrco. Si l'AGFF n'était pas reconduit, les assurés liquidant leur retraite de base à taux plein avant 65 ans pourraient continuer à liquider en même temps leur retraite complémentaire, mais moyennant une décote pouvant atteindre jusqu'à 22% à partir de janvier prochain.

«Il va ensuite falloir qu'on trouve un terrain d'entente sur l'horizon auquel on veut garantir l'équilibre des régimes, et vu les marges de manoeuvre, il sera difficile de le faire à l'horizon 2030 comme le souhaite le Medef», avait estimé Danièle Karniewicz (CFE-CGC), avant le début de la négociation. Longtemps excédentaires, l'Agirc et l'Arrco ont pâti de la crise économique et leurs perspectives financières ne sont pas bonnes.

«Le dossier des retraites n'est pas clos»

En 2009, l'Agirc a enregistré un déficit technique (différence entre cotisations reçues et prestations versées) de plus de 2 milliards d'euros. L'Arrco a en revanche enregistré un excédent technique positif (+0,9 md), mais en forte dégradation.

La négociation doit aussi tenir compte de la réforme des retraites de base, qui a repoussé l'âge légal de départ de 60 à 62 ans. «Le dossier des retraites n'est pas clos, on le rouvre aujourd'hui», a estimé le négociateur de la CGT, Eric Aubin, jugeant que les salariés attendaient «qu'on puisse leur permettre d'avoir un niveau de retraite suffisant et de revenir sur le départ à 60 ans».

Rendement en chute constante

Selon les syndicats, le Medef souhaite par ailleurs diminuer les droits familiaux des régimes complémentaires, comme les bonifications liées au nombre d'enfants. Les organisations syndicales ont indiqué qu'elles se montreraient inflexibles sur la question du rendement des régimes Agirc-Arrco, qui désigne ce que rapporte en termes de pension les cotisations versées.

Ce rendement est en chute constante: il est actuellement à moins de 7 euros par an pour 100 euros cotisés, contre plus de 10 euros à la fin des années 1990. D'après un négociateur, des dates ont déjà été fixées pour cinq prochaines séances. La prochaine aurait lieu le 21 décembre et la dernière programmée à ce stade aurait lieu le 24 février.