Grèce: arrêts de travail dans les transports, mobilisation contre la rigueur

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Des arrêts de travail dans les transports urbains ont eu lieu jeudi à Athènes pour protester contre des projets "visant à supprimer les conventions collectives", au surlendemain des demandes d'assouplissement du marché du travail grec formulées par l'UE et le FMI.

Plus de 3.000 fonctionnaires et salariés du privé ont manifesté jeudi après-midi à Athènes à l'appel des syndicats du privé (GSEE) et du public (Adedy) pour dénoncer "la junte de la Troïka", comme les Grecs appellent les responsables du FMI et ceux de la Commission et de la Banque centrale européennes (UE-BCE), chargés du suivi du plan de rigueur dans le pays.

"Ca suffit, on ne les supporte plus", "Résistance", "A bas la rigueur et la pauvreté", étaient inscrits sur les banderoles des manifestants.

"Nous voulons avoir des salaires qui nous permettront de vivre correctement", lance Antonis Sakellaris, 33 ans, fonctionnaire au ministère de la Santé. Il rappelle que son salaire s'élève actuellement à 1.100 euros après des coupes de 15% dans la fonction publique au printemps 2010.

Des arrêts de travail de quatre heures --en dehors des heures de pointe-- ont eu lieu dans les transports en commun (bus, métro, tramways, train de banlieue et trolleys) à Athènes.

Récemment licenciée de la société du métro, Elvira Potbrusk, une Allemande de 44 ans qui vit à Athènes depuis 25 ans, dénonce "la politique du gouvernement socialiste qui s'en prend aux salariés".

Sous le mot d'ordre "Non à la suppression des accords de branche", la GSEE, principal syndicat du privé, dénonce "les mesures inacceptables", qui visent à "donner la priorité aux accords d'entreprises sur les conventions collectives de branche".

Selon le quotidien Kathimerini, le gouvernement doit proposer le mois prochain un projet de loi permettant aux entreprises de contourner les accords de branche très protecteurs pour les salariés en Grèce en cas de difficultés financières.

Selon la même source, les entreprises devraient obtenir la possibilité de réduire les salaires, dans des conditions qui restent à déterminer, tout en les maintenant au dessus du salaire minimum (740 euros en Grèce).

Les responsables de l'UE-FMI-BCE qui surveillent le programme d'assainissement des finances publiques grecques, ont demandé mardi au gouvernement des mesures additionnelles de rigueur, passant par une réduction du secteur public, une accélération des privatisations et un marché du travail plus "flexible".

Le FMI recommande que les salaires en Grèce soient davantage alignés sur la productivité des entreprises, en réformant leur système de fixation et de négociation collective.

Le projet du budget pour 2011, qui doit être adopté par le Parlement le 22 décembre, prévoit au total des économies de 14 milliards d'euros. Il table sur un abaissement de 2 points du déficit public, après la baisse de 6 points enregistrée en 2010.