petit sursis pour le bonus écolo

Gilles wallon

— 

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson
Le ministre de l'Industrie, Eric Besson — I. SIMON / SIPA

Eric Besson, le tout nouveau ministre de l'Industrie, vient de faire un vrai cadeau aux constructeurs automobiles. Hier, il a décidé de prolonger de quelques semaines le format actuel du bonus-malus écologique, cette prime aux véhicules verts lancée il y a deux ans, et qui a déjà coûté une petite fortune à l'Etat (500 millions d'euros). Ce choix politique devrait soutenir les ventes de voitures neuves d'ici à la fin de l'année, avant le durcissement des règles du bonus-malus au 1er janvier 2011.

200 000 immatriculations en moins
Jusque-là, c'était la date de livraison du véhicule qui déterminait le bonus. Et pas la date d'achat. Avec les semaines d'attente qui suivent souvent une commande, la prime écolo cuvée 2010 était donc déjà terminée. Et sa version 2011, beaucoup plus sévère, devrait moins attirer les automobilistes, déjà refroidis par la fin de la prime à la casse. « Sur une Twingo DCI à 12 800 €, la prime va passer de 1 000 à 500 € », détaille un responsable Renault, qui prédit que « l'année 2011 sera difficile en France », mais sera compensée par une grosse progression dans les pays émergents. Chez Opel, on pronostique « une baisse française de 10 % », avec 2 millions d'immatriculations en 2011, 200 000 de moins que cette année.
Pour Pascal Pennec, du magazine Auto Plus, les constructeurs vont s'adapter « à vitesse grand V » aux nouvelles contraintes écolos, sans pour autant révolutionner leurs moteurs. « Il y a une marge sur ce qu'ils peuvent faire. Elle diminue, mais elle existe toujours. » Selon lui, les taux de carbone affichés sont d'ailleurs souvent trompeurs, et en deçà de la réalité.