Vaste enquête sur des délits d'initiés à Wall Street

FINANCE Plusieurs acteurs de la finance américaine seraient au cœur d'un nouveau scandale...

Elsa Meyer

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Des enquêteurs du FBI lors d'une perquisition dans un fonds d'investissement à Boston (Etats-Unis) le 22 novembre 2010.
Des enquêteurs du FBI lors d'une perquisition dans un fonds d'investissement à Boston (Etats-Unis) le 22 novembre 2010. — REUTERS/Brian Snyder

L’affaire est sur le point d’éclabousser une nouvelle fois Wall Street. Le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis, la SEC, et le FBI sont en train de boucler une enquête vieille de trois ans sur des délits d’initiés.

Des fonds spéculatifs, des analystes, des courtiers et des banquiers d’affaires sont soupçonnés d’avoir révélé des informations confidentielles sur des sociétés cotées en Bourse. Et d’avoir empoché plusieurs millions de dollars, en toute illégalité.

Fonds spéculatifs soupçonnés

Selon des informations publiées par le Wall Street Journal, le FBI a mené lundi des perquisitions dans les locaux de trois fonds spéculatifs: Diamondback Capital Management, Level Global Investors  et Loch Capital Management.

Ce dernier a entretenu des liens étroits avec un témoin qui a plaidé coupable lors d’une enquête précédente pour délit d’initié autour du fonds spéculatif Galleon l’année dernière. Son fondateur Raj Rajaratnam est accusé d'avoir profité d'informations confidentielles pour réaliser 20 millions de dollars de profits boursiers.

Deux autres fonds spéculatifs sont aussi dans le collimateur du FBI et de la SEC. Janus Capital Group et Wellington Management ont annoncé mardi avoir reçu une demande d'informations de la part d'enquêteurs fédéraux.

Goldman Sachs

Les enquêteurs s’intéressent aussi de très près aux pratiques dans le secteur pharmaceutique. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs est ainsi soupçonnée d’avoir dévoilé des informations confidentielles lors de fusions ces dernières années.

Autre entreprise visée dans le secteur de la santé et de la high-tech: Primary Global Research, une société californienne de conseils qui met en contact experts et investisseurs.

Nouvelles règles

Cette enquête pourrait donc révéler «une culture généralisée du délit d'initié au sein des marchés financiers américains», explique le Wall Street Journal, citant des responsables fédéraux.

Pour éviter ce genre d’affaires, la SEC a présenté vendredi dernier de nouvelles règles pour plus de transparence. Le gendarme de la Bourse veut notamment rendre obligatoire l'enregistrement des cabinets de conseil travaillant pour les fonds d'investissement et les hedge funds.  La mesure doit permettre de lutter contre les fraudes dans une activité qui génère 1.600 milliards de dollars par an.