L'Irlande va bien demander une aide financière internationale

CRISE ECONOMIQUE Le montant de l'aide ne devrait pas dépasser les 90 milliards d'euros...

Avec Reuters

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Les autorités irlandaises ont admis lundi avoir des "contacts au niveau international" sur la situation économique du pays, mais ont à nouveau nié toute demande d'aide financière, alors que la pression semblait monter sur Dublin pour accepter des fonds européens.
Les autorités irlandaises ont admis lundi avoir des "contacts au niveau international" sur la situation économique du pays, mais ont à nouveau nié toute demande d'aide financière, alors que la pression semblait monter sur Dublin pour accepter des fonds européens. — Peter Muhly AFP

L'Irlande devrait accepter l'offre de service de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. C'est le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, qui l'a confirmé dimanche, indiquant que Dublin allait demander l'aide de créanciers internationaux et qu'il allait également présenter un programme d'austérité sur quatre ans à ses collègues.

«Je vais recommander au gouvernement de demander la mise en place d'un programme et d'ouvrir officiellement des négociations», a-t-il dit, avant de préciser qu'il n'était pas question de toucher à l'assiette de l'impôt sur les sociétés que de nombreux autres capitales européennes souhaitent voir relevée. Selon Brian Lenihan, un tel relèvement mettrait en péril les capacités de croissance de l'Irlande.

Un besoin de 45 à 90 milliards d'euros

Il a également expliqué que le montant que l'Irlande allait demander ne sera pas «une somme à trois chiffres». Des sources ont dit à Reuters que le pays pourrait avoir besoin de 45 à 90 milliards d'euros.

La réunion du gouvernement irlandais intervient dans un contexte de crispation alors que de plus en plus de voix souhaitent que la gestion de la crise change de mains.

Les critiques ne viennent désormais plus seulement de l'opposition et l'unité du parti du Premier ministre Brian Cowen, le Fianna Fail, se lézarde tandis que la presse relaye l'inquiétude grandissante des irlandais.

Le gouvernement fragilisé

Le mécontentement populaire s'est accentué au cours de la semaine dernière, l'opinion publique reprochant au gouvernement sa communication sur la question de la crise. A plusieurs reprises, le gouvernement a assuré qu'il n'y avait aucune négociation alors que des discussions informelles se déroulaient.

«Le comportement du gouvernement et ses propos au cours des dix derniers jours ont considérablement sapé la confiance de la population», a estimé Willie O'Dea, ancien ministre de la Défense et membre du parti au pouvoir, dans les colonnes du Sunday Independant.

Les aides vont baisser

Le gouvernement finalisait dimanche un plan d'austérité destiné à économiser 15 milliards de dollars d'ici 2014. Selon des médias irlandais, ces mesures devraient comprendre une nouvelle taxe foncière, une réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux demandeurs d'emploi. Certaines exonérations fiscales dont bénéficient les hauts revenus pourraient également être supprimées. Ce plan quadriennal devrait être officiellement dévoilé dans le courant de la semaine.

Depuis jeudi, des responsables du FMI et de la Commission européenne sont à Dublin pour jeter les bases du plan d'aide dont l'Irlande devrait faire la demande.