Des «ex» de Molex manifestent pour soutenir un syndicaliste entendu par la police

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Le curé de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) rendra hommage dimanche au combat des 283 anciens salariés de l'usine française du groupe américain Molex, placée jeudi en liquidation judiciaire, en les accueillant dans son église lors de la messe dominicale.
Le curé de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) rendra hommage dimanche au combat des 283 anciens salariés de l'usine française du groupe américain Molex, placée jeudi en liquidation judiciaire, en les accueillant dans son église lors de la messe dominicale. — Pascal Pavani AFP/Archives

Une centaine d'ex-salariés de l'usine fermée il y a un an par le groupe américain Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) se sont rassemblés lundi après-midi devant le commissariat de Toulouse lors de l'audition par la police d'un syndicaliste, a constaté un journaliste de l'AFP.

Denis Parise (CGT), ex-secrétaire du comité d'entreprise de l'usine de connectique automobile, est entré peu avant 14h30 dans le commissariat pour être entendu par la police judiciaire. Celle-ci enquête à la suite d'une plainte d'un ancien dirigeant, retenu dans son bureau par les salariés en 2009.

Des dirigeants retenus 26h en 2009

Cette audition intervient alors que se poursuit le bras de fer entre la direction du groupe Molex d'une part et le personnel et les pouvoirs publics de l'autre.

Marcus Kerriou, alors co-gérant de la filiale française de Molex, et Coline Colboc, directrice des ressources humaines, avaient été retenus pendant 26 heures les 20 et 21 avril 2009. Selon les syndicalistes, la direction venait d'annoncer au comité d'entreprise avoir dupliqué des moules et des outillages aux Etats-Unis pour pouvoir continuer de produire, malgré la grève des salariés de Villemur qui protestaient contre le projet de fermeture de l'usine.

Le juge des référés saisi par Molex avait convoqué Denis Parise et exigé que les dirigeants soient relâchés. En contrepartie, un accord de fin de conflit avait été signé sous l'égide du préfet, et la plainte des deux dirigeants n'avait pas eu de suite jusqu'à présent.

«Ce sont eux qui nous prennent en otage»

Denis Parise est entré confiant dans les locaux de la police tablant sur «deux heures d'audition». «Je pense que cette audition vise à montrer à Molex que leur plainte n'a pas été jetée au panier, on verra si cela remonte au parquet ou si c'est arrêté», a t-il déclaré.

«Je ne pense pas qu'il y ait une garde à vue à la clé, sinon il y a longtemps qu'ils [les dirigeants de Molex] auraient dû prendre 20 ans de taule, ce sont eux qui nous prennent en otages en ne nous payant pas les salaires», a-t-il ajouté. Un autre cégétiste, Guy Pavan, doit être entendu par la police dans les prochains jours.

Un an après la fermeture de l'usine, devenue le symbole d'entreprises jugées rentables mais sacrifiées aux intérêts des actionnaires, le dossier Molex reste ouvert. Près de 200 des 283 salariés ont saisi les prud'hommes en septembre et réclament jusqu'à cinq ans de salaire. En représailles, le groupe américain a cessé de financer le plan social.

Sa filiale française a été placée en liquidation judiciaire et c'est l'Association pour la gestion du régime de garantie des salariés (AGS), un organisme patronal, qui s'est substituée à Molex pour payer la semaine passée les deux mois d'arriérés de salaires dus à 19 élus du personnel.