L'augmentation de capital d'Areva traîne en longueur

ÉNERGIE a réunion du conseil de surveillance serait reportée...

Elsa Meyer

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Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, lors de la présentation des résultats annuels du groupe en mars 2010.
Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, lors de la présentation des résultats annuels du groupe en mars 2010. — F. MORI/AP/SIPA

L’augmentation de capital d’Areva n’est pas encore pour demain. Le conseil de surveillance du groupe devait se réunir mardi pour approuver l’opération. Mais la réunion est reportée au début de la semaine prochaine, selon des informations publiées lundi par La Tribune.                 
 
Jointe par Reuters, Areva n'a pas souhaité commenté ces informations.

Encore «quelques jours»

Contrôlé à près de 90% par l'Etat français, le groupe doit procéder à une levée de fonds de 15% pour financer ses investissements.
 
L'Etat a cependant encore besoin de «quelques jours» supplémentaires pour achever les négociations avec les trois investisseurs étrangers pressentis: les fonds souverains du Koweït et du Qatar et le groupe japonais Mitsubishi Heavy industries.

Six ans de discussions

Cela fait cependant six ans que l’augmentation du capital d’Areva est sur la table. Annoncée en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, l’opération avait été enterrée en 2005 sous le gouvernement de Dominique de Villepin.
 
En 2007, la présidente du directoire, Anne Lauvergeon, a réaffirmé qu'une évolution du capital est «la meilleure solution» pour financer le développement d’Areva.

Mitsubishi fait débat
 
Mais les négociations n’en finissent pas. L’un des investisseurs intéressés, Mitsubishi, est tout d’abord loin de satisfaire tout le monde.
 
Alstom voit d’un très mauvais œil l’éventuelle arrivée au capital d’Areva de son concurrent direct dans les turbines pour centrales électriques.

Rôle d’EDF

Autre problème de taille: le rôle EDF. Pour réorganiser la filière nucléaire française, Nicolas Sarkozy souhaite que le groupe porte à quelque 5% à 6% sa part dans le capital d’Areva.
 
A côté des différends entre Anne Lauvergeon et le PDG d’EDF, Henri Proglio, cette perspective pourrait aussi contrarier les autres clients électriciens d'Areva et freiner les fonds souverains du Qatar et du Koweït, ainsi que Mitsubishi.

Le temps presse cependant pour trouver un accord car la valorisation de l’opération diminue. «Le souci, c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'acheteurs potentiels et que le prix retenu risque d'être plutôt dans le bas d'une fourchette, souvent évoquée, de 1,5 à trois milliards d'euros», selon Alex Barnett, analyste chez Jefferies.

Une opération en deux temps

L’Etat réfléchirait donc à deux solutions pour boucler la levée de fonds au plus vite. Première hypothèse: exclure EDF et Mitsubishi de l’opération.  
 
Deuxième hypothèse: la réaliser en deux temps. «Les fonds souverains du Qatar et du Koweït pourraient entrer très vite au capital. Les cas de Mitsubishi et d'EDF ne seraient, eux, tranchés qu'en 2011», expliquent Les Echos ce lundi.