L'euro se replie, pénalisé par les inquiétudes sur l'Irlande

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L'euro poursuivait sa baisse face au dollar lundi, plombé par des inquiétudes persistantes sur la santé budgétaire de l'Irlande, et d'autres pays de la zone euro.
L'euro poursuivait sa baisse face au dollar lundi, plombé par des inquiétudes persistantes sur la santé budgétaire de l'Irlande, et d'autres pays de la zone euro. — Philippe Desmazes AFP/Archives

L'euro poursuivait sa baisse face au dollar lundi, plombé par des inquiétudes persistantes sur la santé budgétaire de l'Irlande, et d'autres pays de la zone euro.

Vers 19H00 GMT (20H00 à Paris), l'euro valait 1,3616 dollar contre 1,3693 dollar vendredi vers 22H00 GMT, tombant même jusqu'à 1,3579 dollar, proche de son plus bas depuis fin septembre atteint vendredi.

Face à la devise nippone, l'euro baissait aussi à 112,78 yens contre 112,98 yens vendredi.

Le dollar progressait face au yen à 82,84 yens contre 82,52 yens vendredi soir.

Depuis la fin de semaine dernière, un regain d'inquiétudes sur la capacité de l'Irlande, en proie à une grave crise budgétaire, à rétablir ses finances publiques pesait sur la monnaie unique.

Les autorités irlandaises ont des "contacts au niveau international" sur la situation économique du pays, mais n'ont pas fait de demande d'aide financière, selon un porte-parole du ministère des Finances à Dublin.

"Malheureusement pour ceux qui espèrent empêcher une contagion (ou pousser pour de nouvelles règles en ce qui concerne le mécanisme de résolution de crise), l'Irlande n'a montré que peu d'intérêt jusqu'ici pour demander de l'aide", a noté Simon Derrick, de BNY Mellon.

La situation irlandaise devrait ainsi occuper une partie des débats lors des réunions des ministres des Finances de la zone euro et de l'UE cette semaine à Bruxelles.

Les craintes de contagion concernaient principalement le Portugal, où le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos a estimé qu'il existe un risque "élevé" d'un recours de son pays à une aide financière extérieure pour résoudre ses difficultés budgétaires, selon des propos rapportés lundi par le quotidien Financial Times.

¨Plutôt que d'attendre que la situation ne se dégrade une nouvelle fois, (les responsables de la zone euro) pensent qu'il vaut mieux anticiper le plus possible pour éviter une répétition des événements observés en mai dernier", a indiqué M. Derrick.

Dans ce contexte tendu, le ministère des Finances grec a estimé que le déficit public de la Grèce atteindrait 9,4% du PIB en 2010, après l'annonce par Eurostat à Bruxelles d'une révision à la hausse à 15,4% du déficit 2009 du pays, le niveau le plus élevé de toute l'Union européenne.

La Banque centrale européenne (BCE) a elle annoncé avoir augmenté ses achats d'obligations publiques la semaine dernière, les portant à 1,073 milliard d'euros contre 711 millions d'euros la semaine précédente.

La BCE avait renoué il y a quinze jours avec l'achat d'obligations d'Etat après une pause de trois semaines, dans un contexte de regain de tension sur les marchés obligataires.

"Cette réactivation pourrait avoir des implications sur la stratégie de sortie (de sa politique monétaire accomodante, ndlr) de la BCE, pour laquelle de nouveaux détails sont attendus début décembre", a observé Marc Chandler, de Brown Brothers Harriman.

Vers 19H00 GMT, la devise helvétique progressait face à l'euro à 1,3386 franc suisse pour un euro mais baissait face au billet vert à 0,9830 franc suisse pour un dollar.

La livre britannique gagnait un peu de terrain face à l'euro à 84,75 pence pour un euro mais reculait face au billet vert à 1,6065 dollar.

Le yuan chinois a terminé à 6,6439 yuans pour un dollar contre 6,6383 yuans vendredi.