DSK observateur attentif de la France, mais le FMI «occupe tout [s]on temps»

Bérénice Dubuc

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Le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique Strauss-Kahn, sur France Inter, le 15 novembre 2010.
Le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique Strauss-Kahn, sur France Inter, le 15 novembre 2010. — France Inter

Il reste sur sa réserve. Interrogé sur France Inter, le directeur du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a une nouvelle fois refusé de dire s'il serait éventuellement candidat à l'élection présidentielle de 2012. «Aujourd'hui, j'ai un travail qui occupe tout mon temps. C'est la seule chose qui m'importe», a-t-il indiqué, soulignant pourtant qu'il était «très attentif à la situation française».

Les statuts du FMI imposent à son dirigeant un strict devoir de réserve sur la politique française. «Les statuts du FMI ne m'interdisent pas de dire des tas de choses et pourtant je ne les dis pas. Ils ne m'interdisent pas dire que j'adore les pâtes à la sauce tomate et pourtant je ne le dis pas», a plaisanté DSK, interrogé sur ses intentions politiques.

«Lorsque je vois que les Français m'apprécient j'en suis ravi»

Il s'est d'ailleurs dit «touché» par les sondages qui le consacrent en France comme le meilleur présidentiable de gauche. «Ne pas vous dire que je suis touché par ces sondages ce serait mentir. Mon ego n'est pas inférieur à celui de certains autres, donc lorsque je vois que les Français m'apprécient j'en suis ravi», a dit Dominique Strauss-Kahn.

Concernant le «calendrier» de son annonce d'une éventuelle candidature, Dominique Strauss-Kahn a indiqué qu'il suivrait, «comme tout le monde», la procédure prévue par le PS pour l'ouverture des canidatures. Il a également indiqué qu'il faisait «totalement confiance à Martine Aubry sur la façon dont elle conduit le PS», même s'il n' «pas lu» le texte du PS sur l'égaité réelle.

«Les gens de gauche sont pour une gouvernance mondiale»

Même s'il s'en est défendu, Dominique Strauss-Kahn s'est pourtant replacé à gauche, expliquant que face à la crise, il y avait «les gens de droite» qui sont contre une régulation des marchés, et «les gens de gauche» qui sont pour une «gouvernance mondiale». Il dit penser qu'«il y a deux visions face aux risques de la mondialisation: l'une qui fait plus, voire totalement confiance aux marchés», et «une de gauche», qui considère qu'il faut mettre en place des régulations au niveau mondial. «Certains politiques de droite peuvent être de cet avis.»

DSK a indiqué que cette gouvernance est «le grand pari du XXIe siècle». «L'ambryon de cette gouvernance est le G20», pour lequel le «nouveau FMI», qu'il a «réformé», est «un moteur».

Le directeur du FMI s'est également félicité de son bilan, notamment des «programmes du FMI pour les pays les plus vulnérables, comme la Grèce», qui a été «bien compris» par la population. Interrogé sur le dossier des retraites, et notamment sur un rapport, dont s'est saisi le gouvernement récemment, qui indiquait que l'allongement du nombre d'annuités était une solution au financement des retraites. DSK souligne que d'autres solutions, comme la taxation des revenus du capital, étaient également une des pistes» de réflexion sur le sujet.

>> Regardez la vidéo de l'interview ci-dessous:


Dominique Strauss-Kahn
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