Benoist Apparu partagé sur l'idée de faire travailler gratuitement les chômeurs

EMPLOI Le gouvernement britannique va proposer la mesure cette semaine...

E.M. avec Reuters

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F.GUILLOT / AFP

Le gouvernement britannique s’apprête à annoncer une mesure choc pour les chômeurs de longue durée: les faire travailler pour la collectivité sans les rémunérer. Une idée intéressante mais compliquée à mettre en œuvre en France, a jugé lundi le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu.

Bénévolat

La coalition au pouvoir en Grande-Bretagne veut obliger les chômeurs de longue durée à effectuer durant quatre semaines, à raison d'au moins 30 heures hebdomadaires, des travaux d’intérêts généraux comme le balayage des rues ou le ramassage des ordures. En cas de refus, le chômeur perdrait ses allocations pendant au moins trois mois.
 
L’objectif est ainsi de faire baisser la facture des allocations chômage. Mais aussi d'aider ces chômeurs à retrouver ensuite du travail, selon le gouvernement.

«Bonne chose»

Interrogé lundi sur RMC et BFM TV, Benoist Apparu s'est dit séduit par le principe mais sceptique sur sa mise en place. «Que, moralement, celui qui reçoit une allocation de la collectivité redonne quelque chose à la collectivité et reste dans la mécanique du travail me paraît plutôt une bonne chose», a-t-il martelé.
 
«Maintenant, c'est très compliqué à organiser. Parce que quand vous avez deux millions, trois millions de chômeurs (...), trouver une activité de trente heures par semaine pour trois millions de personnes, c'est quelque chose d'excessivement compliqué à organiser», a ajouté Benoist Apparu.
 
Pour le secrétaire d’Etat, il serait compliqué de trouver une place pour des chômeurs dans les entreprises et l'administration. «Si en plus il faut dire: vous prenez des stagiaires, vous prenez des apprentis, et vous devez prendre aussi ceux qui sont sans emploi, objectivement les entreprises n'y arriveront pas. Elles auront beaucoup de mal à le faire», a-t-il expliqué.
 
«Et comme je ne souhaite pas qu'on retrouve ces personnes-là dans l'administration, parce que derrière, ça se finira avec des fonctionnaires en plus, je suis très partagé», a conclu Benoist Apparu.